Le français au Canada : quelques faits peu connus

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Date de publication : 
19 février 2018
Rédigé par : Katharine Snider McNair
, Musée canadien des langues

Saviez-vous que le Canada compte le plus grand nombre de francophones d’origine après la France? D’un océan à l’autre, le français façonne le paysage linguistique du pays depuis plus de 4 siècles. Un grand nombre d’anglophones parlent aussi le français ou le lisent; certains le maîtrisent même aussi bien que l’anglais. Mais que savons-nous vraiment du français parlé au Canada?

Les dialectes du français au Canada

Une dizaine de millions de francophones vivent actuellement un peu partout au Canada; on en trouve dans chaque province et dans chaque territoire. Si vous avez voyagé, vous avez peut-être remarqué que le français sonne différemment d’un endroit à l’autre. En effet, 2 principaux types de français sont parlés au pays : le français laurentien et le français acadien.

Né en Nouvelle-Écosse, le français acadien est aujourd’hui parlé dans l’ensemble des provinces maritimes, mais surtout au Nouveau-Brunswick. Le français cajun de la Louisiane tire d’ailleurs son origine du français acadien. Quant au français laurentien, il est principalement parlé au Québec, ayant pris naissance dans la vallée du Saint-Laurent pour ensuite gagner l’Ouest canadien.

Depuis quelques décennies, le Canada accueille des immigrants francophones d’un peu partout dans le monde : Maroc, Algérie, Haïti, etc. Ces immigrants apportent avec eux leur français bien à eux, qui témoigne de leur histoire et de leur culture.

Le français canadien et le mitchif

Le français canadien a également joué un rôle dans la création d’une langue unique : le mitchif. Cette langue a été élaborée par les Métis et consiste en un mélange de français et de cri. Le mitchif est particulier, notamment parce que les noms dérivent surtout du français et que les verbes, eux, viennent surtout du cri.

Aujourd’hui, on entend le mitchif dans de petites localités du Manitoba, de la Saskatchewan et de l’Alberta. Vous aimeriez entendre du mitchif ou apprendre quelques expressions dans cette langue? Visitez le site LearnMichif (en anglais seulement).

Des emprunts faits à d’autres langues

On appelle « contact linguistique » la rencontre de 2 langues. On constate encore l’effet de ce contact dans le français que parlent les Canadiens de nos jours. En effet, de nombreux mots français courants viennent d’une langue autochtone : par exemple, le nom achigan vient de l’algonquin, le nom atoca, de l’iroquois.

Le français canadien a aussi emprunté de nombreux mots à l’anglais. Ensuite, ces emprunts ont souvent pris un sens nouveau. Par exemple, le nom pinotte, qui vient de peanut, entre dans l’expression être rien que sur une pinotte, qui signifie « être très affairé, être pressé ».

« Le français au Canada d’un océan à l’autre » : une exposition itinérante

Mes collègues et moi espérons que des initiatives comme le Musée canadien des langues et le Portail linguistique du Canada permettront de susciter davantage d’intérêt pour les dialectes uniques des communautés canadiennes et de mieux les faire connaître.

C’est dans cet esprit que le Musée canadien des langues a monté l’exposition itinérante « Le français au Canada d’un océan à l’autre ». Cette exposition vise à mettre en valeur l’histoire et les qualités uniques des variétés de français parlées au Canada. Découvrez cette exposition et d’autres expositions itinérantes sur le site Web du Musée canadien des langues. Pour apprendre bien d’autres choses encore sur la langue française, visitez le site Web Le français à la mesure d’un continent, projet d’un de nos partenaires.

Connaissez-vous d’autres faits intéressants à propos du français parlé au Canada? Avez-vous des exemples typiques du français acadien et du français laurentien? Nous attendons vos commentaires!

Adapté par: Marc-André Descôteaux, Portail linguistique du Canada

 

Avertissement

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À propos de l'auteur

Katharine Snider McNair

Titulaire d’une maîtrise en études muséales de l’Université de Toronto, Katharine Snider McNair siège au conseil d’administration du Musée canadien des langues. Elle est convaincue que nos langues sont dépositaires d’un savoir et d’une histoire sans pareils que nous tenons trop souvent pour acquis. C’est avec une grande passion qu’elle sensibilise la population, au Musée canadien des langues, à tout ce qui touche nos langues et leur histoire. Elle s’intéresse particulièrement aux enjeux que sont les langues en danger et la revitalisation linguistique.

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Pourquoi est-il plus facile d’accepter le français d’ailleurs que le nôtre? Parce qu’on le mélange plus facilement avec la langue anglaise que d’autres langues? Acceptons notre franglais! Il est grand temps de voir qui nous sommes et de dire qui nous étions.

Oui aux écoles bilingues pour tous. D’un océan à l’autre.

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