L’importance d’un musée des langues au Canada

Publié le 20 novembre 2017

La plupart des gens savent reconnaître un bien patrimonial quand ils en voient un. Nous visitons des villes et des villages pour admirer leurs édifices historiques. Nous allons dans les musées pour voir des objets issus des civilisations modernes ou anciennes.

Mais l’histoire se transmet aussi par des moyens plus difficiles à saisir et à reconnaître, même s’ils font partie de notre quotidien. C’est ce que l’on appelle le patrimoine immatériel.

Le patrimoine immatériel en bref

Le patrimoine immatériel comprend les pratiques, les techniques, les expressions artistiques, l’artisanat, les événements et les rituels qui composent une culture. Cette définition vous semble bien large? Vous avez raison : ce qui étonne avant tout au sujet du patrimoine immatériel, c’est qu’il soit si vaste! Il est d’autant plus important d’en prendre le pouls et de voir à ce que les générations futures le perpétuent.

Pour prévenir la disparition de biens du patrimoine immatériel menacés, l’UNESCO tient une liste officielle aussi longue que fascinante. On y trouve de tout : des plongeuses d’une île coréenne à la tradition brassicole de la Belgique en passant par la fauconnerie pratiquée en Europe et au Moyen-Orient.

Vous voulez en savoir plus sur le sujet? Le site Web de l’UNESCO sur le patrimoine culturel immatériel est une excellente source d’information!

La place de la langue

Vous vous en doutez sûrement, la langue est une forme de patrimoine immatériel. Une langue, c’est tellement plus qu’un ensemble de règles d’orthographe et de grammaire! Malheureusement, comme les édifices historiques et les milieux naturels, les langues peuvent disparaître à jamais.

Dans un article sur les langues en danger, l’Alliance for Linguistic Diversity résume parfaitement la vraie valeur de la langue : « Chaque langue qui s'éteint nous fait perdre un héritage culturel immense, la compréhension des liens qui unissent les êtres humains à leur environnement et des connaissances scientifiques, médicales ou botaniques. Plus important encore, nous perdons l’accès à l'expression de l’humour, de l’amour et de la vie des communautés concernées. »

La situation au Canada

Selon l’Alliance for Linguistic Diversity, le Canada compte 74 langues en péril. En fait, notre pays arrive au cinquième rang mondial à ce chapitre. C’est là un chiffre préoccupant.

Tant au Canada qu’ailleurs, il est urgent de sensibiliser la population à l’importance de nos langues. Nous devons agir pour préserver les langues menacées et maintenir la formidable diversité linguistique du monde.

L’apport du Musée canadien des langues

L’action du Musée canadien des langues s’inscrit dans les efforts croissants déployés partout sur la planète pour préserver et célébrer les langues, ainsi que sensibiliser la population à leur sujet. Notre mission consiste à promouvoir toutes les langues parlées au Canada. C’est une tâche colossale, mais ô combien importante!

Après tout, peu de pays peuvent se vanter d’avoir un patrimoine linguistique aussi riche et varié que celui du Canada, qui comprend les langues autochtones parlées d’un océan à l’autre, deux langues officielles, le français et l’anglais, avec leurs variantes régionales ainsi que les nombreuses langues introduites par l’immigration plus récente.

Comment remplissons-nous notre mission? Nous organisons des expositions et des activités spéciales à la Galerie Glendon du Collège universitaire Glendon, à Toronto. De plus, nous créons des expositions qui circulent partout au pays pour informer les Canadiens sur leur riche patrimoine linguistique. Nos expositions sont présentées dans une foule de lieux : écoles, musées, bibliothèques, hôpitaux, centres communautaires, etc. Je vous invite à parcourir le blogue du Musée canadien des langues pour lire des entrevues et des nouvelles intéressantes sur la recherche linguistique.

Pour en savoir plus sur le musée, accueillir une exposition ou simplement communiquer avec nous, visitez le site Web du Musée canadien des langues. Nous sommes toujours heureux de discuter avec d’éventuels collaborateurs, partenaires ou bénévoles ainsi qu’avec toute personne passionnée par les nombreuses langues parlées au Canada.

Avez-vous déjà contribué à la préservation d’une langue, au Canada ou ailleurs? Parlez-nous de votre expérience!

Adapté par Marc-André Descôteaux, Portail linguistique du Canada

Avertissement

Les opinions exprimées dans les billets et dans les commentaires publiés sur le blogue Nos langues sont celles des personnes qui les ont rédigés. Elles ne reflètent pas nécessairement celles du Portail linguistique du Canada.

En savoir plus sur Katharine Snider McNair

Katharine Snider McNair

Titulaire d’une maîtrise en études muséales de l’Université de Toronto, Katharine Snider McNair siège au conseil d’administration du Musée canadien des langues. Elle est convaincue que nos langues sont dépositaires d’un savoir et d’une histoire sans pareils que nous tenons trop souvent pour acquis. C’est avec une grande passion qu’elle sensibilise la population, au Musée canadien des langues, à tout ce qui touche nos langues et leur histoire. Elle s’intéresse particulièrement aux enjeux que sont les langues en danger et la revitalisation linguistique.

 

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Commentaires

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Soumis par Dr GON EMILE GUEU le 20 janvier 2024 à 5 h 40

Bonjour à vous.
J'apprécie l'excellent travail que vous abattez et voudrais vous partager ma petite expérience de la préservation des langue endogènes en Côte d'Ivoire au moyen des musées.
En Novembre 2019, je soutenais une thèse unique de Doctorat intitulé "Plurilinguisme et Démocratisation Culturelle dans les musées de Côte d'Ivoire" ou je recommandais l'instauration de quatre langues endogènes ivoiriennes au Musées des Civilisations de Côte d'Ivoire comme langues de travail aux cotés du français.
Déjà en juin de cette même année 2019, j'ai publié l'article "La place des musées dans la promotion des langues endogènes en Côte d'Ivoire" ou je présentais les collections des musées comme de puissants leviers à la pratique des langues endogènes ivoiriennes.
Je serais heureux de collaborer avec vous dans le cadre de la recherche sur le thématique langues et musées.
Encore félicitations et encouragements à vous!

Dr GUEU
Français