Le coin du grammairien : spécial conjugaison

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Publié le : 
21 mai 2019
Rédigé par : Journal Le Franco

Le journal Le Franco est l’unique journal de langue française en Alberta. Il publie une rubrique intitulée « Le coin du grammairien » qui se propose de démêler les mystères de la langue française, à travers des exemples ludiques et accessibles, pour le grand plaisir de ses lecteurs et pour tous les niveaux.

Nous publions ici un premier condensé des textes de cette rubrique, axé sur des difficultés courantes de conjugaison. Nous espérons qu’il vous plaira!

Des verbes qui donnent des maux de tête

Appelons ou appellons?

 

Nous, lecteurs, appelons la rédaction pour lui soumettre une idée de sujet.

Les verbes en –eler gardent la consonne simple quand le « e » est muet.

Confie ou confit?

Le chef cuisinier nous confie un secret sur son célèbre canard confit.

C’est un verbe du 1er groupe (confier) et non du 2e!

Crains ou crainds?

Je crains que la langue française ne soit trop compliquée pour moi…

Les verbes en –aindre, en –eindre et en –oindre perdent leur « d » au présent de l’indicatif.

Emploie ou emplois?

Le journal emploie plusieurs employés.

C’est un verbe du 1er groupe (employer) et non du 3e!

Résout ou résoud?

Elle résout ce test de français les doigts dans le nez!

Les verbes absoudre, dissoudre et résoudre perdent aussi leur « d » au présent de l’indicatif.

Cinq fautes à ne plus commettre

Ils croivent

Les enfants croient au père Noël.

« Croivent » n’a jamais existé!

Nous fesons

Nous faisons à manger.

Même si l’on prononce ce mot en énonçant un « e », il faut écrire « faisons »!

Donne-moi z’en

Tu as beaucoup d’argent? Alors donne-m’en!

Arrêtez donc de zozoter…

Si j’aurais su

Si j’avais su, j’aurais suivi les cours du soir de français.

Après un « si » hypothétique, on n’utilise jamais le conditionnel! Rappelez-vous : les « si » n’aiment pas les « rais »…

Vous disez, vous faisez

Vous dites que vous faites beaucoup de travail, mais j’en doute!

Deux pour le prix d’un…

Je serai ou je serais? Je dirai ou je dirais?

On mélange souvent le futur simple et le conditionnel présent à la première personne du singulier, car certains les prononcent de la même façon.

Voici un rappel des terminaisons du futur simple : –ai, –as, –a, –ons, –ez, –ont. (Une astuce : pensez au verbe avoir – j’ai, tu as, il a, nous avons, vous avez, ils ont.) On utilise ce temps pour parler d’une action qui se passe dans l’avenir, pour faire une supposition ou pour remplacer l’impératif quand on donne un ordre ou une suggestion.

  • Si l’Alberta ne diversifie pas son économie, elle devra faire face à de grosses difficultés.
  • Les francophones seront de plus en plus nombreux grâce à la croissance démographique de l’Afrique.
  • Les enfants, vous rangerez votre chambre avant d’aller vous coucher!
  • Je te dirai demain si je viens à ta soirée d’anniversaire.

Et voici les terminaisons du conditionnel présent : –ais, –ais, –ait, –ions, –iez, –aient. On utilise ce temps pour exprimer une condition, un souhait, demander quelque chose poliment ou donner une information incertaine.

  • Si j’avais su, je serais venu plus tôt!
  • J’aimerais vivre à Banff mais j’ai peur des ours.
  • Pourriez-vous fermer la fenêtre?
  • Le ministre serait arrivé hier dans la soirée.

Pour ne plus les confondre, voici une astuce : transformez la phrase à la première personne du pluriel et vous entendrez la différence!

  • Je pourrai venir demain sans problème (nous pourrons venir demain sans problème).
  • Je pourrais venir si j’avais de l’argent (nous pourrions venir si nous avions de l’argent).

Parfois, les deux options sont possibles, mais donnent une information différente. « Je viendrai te voir plus tard » signifie « c’est sûr, je vais venir ». Par contre, « Je viendrais bien te voir plus tard » veut dire « ce n’est pas sûr, peut-être que je vais venir, peut-être pas ».

Les caprices du verbe dire

Vous disez ou vous dites? Vous contredisez ou vous contredites? On l’a vu précédemment, le verbe dire est irrégulier à la deuxième personne du pluriel.

Au Franco, vous dites des choses intéressantes.

Attention! Cette irrégularité ne s’applique pas aux verbes dérivés de dire :

  • Vous vous contredisez, madame!
  • Ne médisez pas!
  • Vous interdisez les fautes d’orthographe dans le journal.
  • Vous prédisez un avenir brillant à la communauté franco-albertaine.

Seul redire se conjugue exactement comme dire.

Vous redites toujours les mêmes choses…

Et maudire, lui, est une exception! Il s’agit d’un verbe du 3e groupe qui se conjugue différemment.

Vous maudissez les règles d’orthographe de la langue française.

Nous espérons que vous avez aimé les chroniques du Franco, car nous en publierons d’autres plus tard dans l’année. Avez-vous appris des choses utiles aujourd’hui? Dites-le-nous dans les commentaires!

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À propos de l'auteur

Journal Le Franco

Le journal Le Franco, c’est l'Alberta en version française. Fondé en 1928, il est le seul journal francophone de la province. Disponible en version papier et Web, il offre un contenu varié chaque semaine.

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Commentaires

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Bravo!!!!

Les verbes en –eler gardent la consonne simple quand le « e » est muet.
Mal exprimé? Plutôt doublent le « l »...

Merci d'avoir commenté ce billet.

En fait, c'est quand le « e » est sonore que l'on double le « l ». On écrit « j'appelle », « tu amoncelles », « elle renouvelle », mais « nous appelons », « vous amoncelez », « elles ont renouvelé ». Dans la première série, le « e » s'entend (on perçoit les sons « pel, cel, vel »), mais pas dans la seconde (on perçoit les sons « plons, slé, vlé »).

Cette prononciation est la plus courante au Canada, mais elle peut être différente ailleurs.

Il y a bien sûr des exceptions, comme vous vous en doutez. Par exemple, « interpeller » prend toujours deux « l ».

Passez une excellente journée!

La rubrique « Le coin du grammairien » est très instructive. Tout le monde, quel que soit son niveau d’éducation, peut en tirer profit.

Bravo, cette liste de verbes comportant des difficultés dans leur conjugaison est très clairement démontrée!!! Je relève cependant une simple erreur.
Et je vous cite : « Et maudire, lui, est une exception! Il s’agit d’un verbe du 3e groupe qui se conjugue différemment ». C'est que MAUDIRE n'est pas du 3e, mais bien du DEUXIÈME groupe. La racine pour le singulier est MAUD +is, is, it; mais pour le pluriel, on doit ajouter le « ISS » caractéristique de ce groupe. Ce qui nous donnera donc nous maud+ISS+ons, vous maud-ISS+ez et ils, elles maud-ISS-ent. Salut bien! PuC

Merci pour vos bons mots et votre observation!
 
Vous avez raison, et Le Franco aussi. En fait, le Petit Robert classe le verbe « maudire » dans le 2e groupe et indique qu'il se conjugue comme « finir ». Certains guides que l’on trouve sur le Web abondent dans le même sens. Cependant, la majorité des ouvrages de langue le classent dans le 3e groupe : Larousse, Bescherelle, ConjugArt, etc.
 
Ce verbe se conjugue effectivement comme « finir », à une différence près : au participe passé, il se termine par un « t » (maudit, maudite) plutôt que par un « i ». Cette caractéristique irrégulière explique probablement pourquoi bien des ouvrages le classent dans le 3e groupe.
 
Bonne journée!

Merci, belle ressource. Ça fait du bien comme francophone assimilé dans un monde anglophone de rafraichir son français et d'en apprendre.

C'est une question. Dans la phrase « Il va de soi que plus ils seront nombreux, plus rapidement nous pourrions éviter la propagation », est-ce que POURRIONS est acceptable ou bien si on devrait plutôt écrire POURRONS?

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