La légende française du roi Arthur

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Publié le 
25 mai 2020
Rédigé par  , Portail linguistique du Canada

Même si, comme moi, vous n’êtes pas un grand amateur du Moyen Âge, vous avez sans doute une certaine connaissance des légendes arthuriennes. Je parle bien sûr des aventures du roi Arthur, de la reine Guenièvre et des chevaliers Lancelot, Perceval et Yvain, entre autres. Que ce soit dans la littérature, au théâtre, au cinéma ou à la télévision, on ne compte plus les œuvres racontant le récit des chevaliers de la Table ronde et du château de Camelot.

Un mystère surgit

Alors, imaginez-moi qui arrive dans un cours d’histoire de la littérature française au cégep (il y a très longtemps) avec mon bagage de références arthuriennes : Richard Gere jouant Lancelot, le groupe Monty Python et son film « Sacré Graal », et Bugs Bunny avec « sir Loin of Beef » (qui me fait toujours rire). Parmi les textes que le professeur nous propose se trouve un extrait du Roman de Brut de Wace. J’aimais bien lire des histoires d’Arthur, roi de Bretagne, mais une question me hantait : pourquoi un auteur français racontait-il la légende d’un roi britannique?

Plus tard dans mes études collégiales, j’ai appris que le Roman de Brut n’était pas une exception. En effet, la majorité des textes sur le roi Arthur et son entourage ont été écrits en ce qui allait devenir le français. J’ai donc traîné ce mystère jusqu’à l’université, où j’ai suivi un cours d’histoire de la langue française. Je vous raconte ce que j’y ai appris.

La bataille d’Hastings

Nous sommes en 1066. Le roi d’Angleterre, Édouard le Confesseur, vient de mourir. De l’autre côté de la Manche, Guillaume II, duc de Normandie, décide de faire valoir son droit de succession (il était le petit-neveu de la reine Emma d’Angleterre). Le 14 octobre, à Hastings, le duc et ses hommes affrontent les forces du nouveau roi Harold, qu’ils défont en une seule journée. Guillaume II, duc de Normandie, devient Guillaume Ier, roi d’Angleterre.

Après cette conquête, de nombreux Normands s’installent en Angleterre. Ces gens parlent ce qu’on appelle aujourd’hui le franco-normand, un des ancêtres du français. La langue de la cour s’est imposée et, jusqu’au 14e siècle, le français a été la langue officielle de l’Angleterre.

Tout s’explique

Enfin, je comprenais! Lorsqu’il a rédigé ses œuvres au 12e siècle, Wace, un sujet anglais, écrivait en français, la langue officielle de son pays. Mystère résolu!

Je ne sais pas pour vous, mais depuis que je connais ce bout d’histoire, je ne vois plus les références aux légendes arthuriennes du même œil. J’ai évoqué plus haut mon faible pour Bugs Bunny et sir Loin of Beef, mais vous, quelles sont vos références préférées à Arthur et sa cour?

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À propos de l'auteur

Steffan Landry

Steffan Landry

Diplômé de l’Université de Sherbrooke en traduction professionnelle, Steffan Landry travaille pour le Bureau de la traduction depuis 2010. Il a occupé les postes de traducteur, de terminologue et de langagier-analyste.

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Commentaires

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Merci pour cet excellent article.
Comment se fait-il que la bataille de Hastings, ses causes et ses conséquences, ne fassent pas partie des cours d’histoire des écoles secondaires francophones et anglophones aussi, sans doute.

Pour ma part, je suis une fan finie de Kaamelott d'Alexandre Astier, qui justement, utilise les ressorts de la langue française avec un tel brio que je ne m'en lasse pas!

L'interprète burgonde dans Kaamelott (au sujet des langues de l'époque, dont l'anglais) : « La culture burgonde? Je savais même pas qu'y en avait une. Non, moi je voulais faire grec moderne, mais y'avait plus d'place. Y restait que burgonde ou anglais, an-glais, mais c'est encore moins répandu. »

J'adore Kaamelott moi aussi. « Kwillère! »

Non!!! Ça ne peut pas être aussi bref! J'en voulais encore plus! On dirait que je commençais à peine à me mettre dans l'ambiance de l'époque. Merci Steffan pour ce texte, mais reviens-nous avec une suite, quelque chose. Ha! ha! ha!

Merci pour cette brève leçon d'histoire! Brève certes, mais des plus intéressante. Je m'en souviendrai.

Beaucoup d'historiens croient que les légendes arthuriennes combinent plusieurs rois nommés Arthur. Il semblerait que les premiers Arthur puissent avoir jailli d'aussi loin que l'Antiquité.

Je tiens à souligner que la langue en Angleterre n'a jamais été le français. Le français n’était que la langue de l’aristocratie à la cour royale anglaise après la conquête normande de 1066. La majorité des gens parlaient l’anglais; c’est pourquoi je ne suis pas d’accord avec l’affirmation selon laquelle la langue française était la langue maternelle en Angleterre. À ce jour, la devise du monarque sur les armoiries royales est toujours « Dieu et mon droit ».

Merci de votre commentaire. Je suis d’accord avec vous pour dire que le français n’a jamais été la langue « maternelle » de l’Angleterre. J’ai employé le terme « langue officielle » parce que le français était la langue du roi Guillaume Ier, de la cour et de l’aristocratie.

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