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Je parle, donc je suis

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Date de publication : 
14 mai 2018
Rédigé par : Pascale Bourque

En 1637, le philosophe René Descartes écrivait sa fameuse phrase « Je pense, donc je suis ». Une expérience récente a toutefois soulevé une question dans mon esprit. Ne pourrait-on pas dire aussi : « Je parle, donc je suis »?

Je parle vite, beaucoup. Trop, diront certains. Mais ceux-là savent que j’existe : ils m’écoutent, me répondent, m’interpellent. Ils me contredisent et me donnent aussi parfois raison! Ils me font grandir et évoluer.

Parler n’est pas tout. Ça ne rime à rien si personne ne nous entend et ne nous comprend. Parler la langue de l’autre, c’est aller vers cette personne, c’est l’accueillir et l’accepter. C’est s’ouvrir à sa culture et reconnaître son existence.

 

Parler, c’est aller à la rencontre de l’autre

Lors d’un récent voyage en milieu hispanophone, j’ai vite remarqué à quel point le personnel de l’hôtel et les résidents de l’endroit ont spontanément adopté mon compagnon qui, contrairement à moi, maîtrise bien l’espagnol. Bien sûr, je pouvais me faire comprendre en anglais et j’ai été bien accueillie, mais lui… il me semble qu’on lui réservait un véritable traitement royal! Il parlait la langue : il était quelqu’un! Moi, j’étais une touriste comme les autres… Qui n’est pas séduit lorsqu’on lui fait le cadeau de parler sa langue? Lorsqu’on fait l’effort, même timidement, maladroitement. C’est un véritable charme qui opère! Quand on parle leur langue, on montre aux gens qu’on leur accorde de l’importance. Dans bien des cas, ça change le regard qu’ils posent sur nous!

Apprendre, c’est bien; parler, c’est mieux

J’ai appris l’anglais à l’école mais je ne l’avais jamais parlé avant d’accepter un emploi en milieu anglophone, dans une région très isolée. Si je n’avais pas parlé la langue, je ne me serais jamais intégrée dans ce petit village nordique, sans lien routier avec le reste du Québec. Pour l’espagnol, je n’ai pas eu ce genre d’incitatif. J’ai étudié la langue, mais je ne l’ai pas parlée. J’ai tout oublié.

En ouvrant mes oreilles, lors de mon récent voyage, je me suis aussi ouvert les yeux. J’ai compris tout le pouvoir de quelques mots dans la langue de l’autre. Apprendre une langue peut apporter beaucoup d’avantages, comme de meilleures perspectives de carrière, et nous ouvrir bien des portes. Le véritable trésor, toutefois, on ne le trouve pas derrière ces portes à moins de prendre le risque de parler cette langue nouvelle. Il faut la parler souvent, et partout. La parler mal, ou imparfaitement, mais la parler quand même. Le véritable trésor, c’est d’exister pour quelqu’un de plus, de différent… quelqu’un dont on parle la langue! Ce voyage m’a décidé à me remettre à l’espagnol.

Avez-vous vécu, comme moi, une expérience qui vous a ouvert les yeux sur l’importance de parler la langue d’autrui? Parlez-vous ou étudiez-vous une langue étrangère?

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À propos de l'auteur

Pascale Bourque

Pascale Bourque est une amoureuse de la langue française, de sa richesse, de sa subtilité et même de sa complexité. Professionnelle experte en performance humaine, elle ne se lasse pas de découvrir de nouveaux mots plus utiles, percutants, doux ou séduisants! Ses moindres communications sont ponctuées de jeux de mots que ses parents et amis, tant anglophones que francophones, se plaisent à apprivoiser. Elle n’aime rien tant que la répartie, car elle garde la langue bien vivante.

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Commentaires

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Bonjour,
J'ai vraiment aimé votre billet! Super! Je suis complètement d'accord avec vous! Pour ma part, la découverte de l'anglais a été pour moi une belle découverte et surtout découvrir un nouveau monde. Avec mon handicap auditif, et ma langue maternelle qui est le français, j'ai travaillé très fort pour réussir à comprendre une autre langue et j'ai réussi! Merci pour votre article!
Ceci nous fait découvrir plein de choses!
Bonne journée!
Maryse

Merci de votre commentaire et bravo pour votre apprentissage de l'anglais!

Bien écrit, ce billet! C'est une belle invitation au dialogue, à des échanges inter-linguistiques ouverts et respectueux! Ça me fait penser aux conversations que j'ai eues, avec un groupe d'amis à New York, où deux anglophones étaient présents, avec deux hispanophones et deux francophones. La conversation passait de l'anglais au français à l'espagnol, dans un rythme tout naturel. Même que parfois, une phrase débutée dans une langue était terminée dans une autre! C'était un beau moment de partage, très enrichissant, culturellement.

Merci de partager cette réflexion! J'ai vécu ce genre d'expérience quelques fois. Côtoyer des gens un peu polyglottes et qui mettent en commun leurs connaissances (parfois rudimentaires) de la langue de l'autre est un voyage sur une autre planète. Quelque chose de merveilleusement ressourçant!

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