Au menu : des études en environnement (ou en histoire, en arts visuels ou dans tout autre domaine) garnies de compétences linguistiques

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Publié le 
12 juillet 2021

En tant que professeure à l’École de traduction et d’interprétation de l’Université d’Ottawa, j’ai l’habitude de préparer des cours regorgeant de compétences linguistiques essentielles, assaisonnés de conseils grammaticaux et généreusement garnis de vocabulaire bilingue. Et les étudiants en redemandent presque toujours! Bien sûr, les étudiants qui s’inscrivent à des programmes ou à des cours de traduction cherchent activement ce genre de connaissances. Pour eux, la langue est le mets principal. Mais qu’en est-il de ceux qui étudient dans d’autres domaines? Pourraient-ils profiter d’une « portion » de compétences linguistiques pour accompagner leur mets principal? Et quelle serait la meilleure façon de la servir?

Plus tôt cette année, j’ai eu l’occasion de participer à l’enseignement d’un cours assez différent de mon menu habituel, offert dans le cadre du programme interdisciplinaire de la Faculté des arts. J’ai eu la chance de collaborer avec une collègue de l’École des sciences de l’information à la conception et à la prestation d’un cours intitulé « New Literacies for the Digital Age » (Nouvelles littératies à l’ère numérique). Destiné aux étudiants de tous les programmes de la Faculté des arts, ce cours est essentiellement conçu pour les aider à développer leur culture de l’information et leur habileté numérique. Lorsque j’ai donné conjointement le cours, 80 étudiants de 13 programmes différents s’y étaient inscrits. Leurs spécialités étaient aussi variées que les études environnementales, l’histoire, la philosophie, les arts visuels et la musique. Le défi : offrir des compétences linguistiques savoureuses pour des étudiants de baccalauréats non liés aux langues.

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Même une petite quantité de connaissances linguistiques peut nous faire faire un bon bout de chemin sur le plan de la culture de l’information et de l’habileté numérique. Voici comment nous avons intégré des compétences linguistiques dans le cours « Nouvelles littératies à l’ère numérique » :

Chercher efficacement

Les termes que vous entrez dans un moteur de recherche peuvent avoir une grande influence sur la pertinence de l’information que vous obtenez. Même des détails qui peuvent sembler anodins, comme la ponctuation, l’orthographe et l’utilisation des majuscules, peuvent avoir une incidence sur les résultats de la recherche. Bien choisir les termes de recherche, tout comme comprendre la syntaxe afin de formuler correctement une recherche, peut vous aider à trouver des renseignements qui répondent à vos besoins.

Évaluer l’information

La qualité de la langue n’est pas le seul indicateur de la qualité de l’information, mais il s’agit assurément d’un facteur à prendre en considération. Lorsqu’un site Web ou un courriel sont parsemés d’erreurs d’orthographe ou de grammaire, il vaut la peine de se pencher plus en détail sur la crédibilité de cette source d’information. La plupart des sources d’information fiables ont des processus de contrôle de qualité qui comprennent la révision linguistique. Bien sûr, quelques petites erreurs peuvent toujours se glisser, mais si vous recevez un courriel criblé de fautes, il est possible que ce soit un pourriel ou un courriel d’hameçonnage. De même, si le contenu d’un site Web est mal rédigé, ce n’est peut-être pas une des sources les plus fiables à consulter lorsque vous rédigez un essai.

Développer la littératie de la traduction automatiqueNote *

Avec la montée de la mondialisation, de plus en plus de gens utilisent la traduction automatique. Rapide, pratique et gratuite, la traduction automatique en ligne est un moyen efficace d’obtenir un aperçu du contenu offert dans d’autres langues. Toutefois, cette technologie est loin d’être parfaite et il vaut mieux se préparer pour l’utiliser de façon informée, en faisant preuve de sens critique. Le module sur la littératie de la traduction automatique aide les étudiants qui n’ont pas de connaissances en traduction à comprendre le fonctionnement de la traduction automatique, ses points forts et ses points faibles, les situations qui s’y prêtent et celles qui s’y prêtent moins, de même que les façons d’interagir avec cette technologie pour améliorer la qualité des résultats.

Recette du succès

Savoureuses et nutritives, les compétences en langues font presque toujours un excellent plat d’accompagnement. Avez-vous des idées de façons d’apprêter les trucs et astuces linguistiques à l’intention des non-langagiers? Si oui, n’hésitez pas à publier vos recettes dans les commentaires.

Traduit par Simon-Pierre Harvey, Portail linguistique du Canada

Avertissement

Les opinions exprimées dans les billets et dans les commentaires publiés sur le blogue Nos langues sont celles de leur auteur. Elles ne reflètent pas nécessairement celle du Portail linguistique du Canada.

À propos de l'auteur

Lynne Bowker

Lynne Bowker possède un doctorat en génie de la langue décerné par l’Institut des sciences et technologies de l’Université de Manchester, en Angleterre. Elle est professeure titulaire à l’École de traduction et d’interprétation de l’Université d’Ottawa, et traductrice du français à l’anglais agréée par l’Association des traducteurs et interprètes de l’Ontario.

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Croiser les erreurs grammaticales peut-il être défini comme de la linguistique?

Pas « la » linguistique dans le sens de la discipline qui a pour objets d'étude la langue et le langage, mais plutôt, à mon avis, dans le sens de compétences linguistiques (ou peut-être on devrait dire capacités langagières?). Le cours a porté principalement au sujet de la culture de l’information (information literacy), et on n'a pas cherché à former les linguistes cette fois-ci. Néanmoins, la façon principale dont on accède à l’information, c’est par le biais de la langue. Alors développer les aptitudes langagières, même au niveau de base comme reconnaitre les erreurs grammaticales, ça sert à permettre aux étudiant(e)s, y compris ceux et celles qui étudient dans une deuxième ou troisième langue, de mieux évaluer la crédibilité de l’information qu’ils rencontrent. À l’ère de désinformation, on doit utiliser tous les outils à notre disposition, y compris la capacité à reconnaitre les erreurs grammaticales :-)

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