La Saint-Valentin, cette fête populaire de l’amour, a une histoire mystérieuse. Plusieurs légendes existent pour en expliquer l’origine, toujours incertaine.

Selon une de ces légendes, la Saint-Valentin tirerait ses origines des Lupercales, fêtes de la Rome antique qui étaient célébrées le 15 février en l’honneur de Lupercus (connu aussi sous le nom de Faunus), dieu de la fertilité et de la fécondité. Ce dieu champêtre protégeait aussi les bergers et leurs troupeaux contre les loups et assurait la fertilité des champs.

De la fécondité… à l’amour

On célébrait à cette occasion un rite au cours duquel douze luperques (prêtres de Lupercus) sacrifiaient un bouc, symbole de la fécondité. Ils parcouraient ensuite les rues de la ville vêtus d’un simple pagne en peau de bouc et touchaient les passants avec des lanières taillées dans la peau du bouc sacrifié. Loin de les craindre, les jeunes femmes s’approchaient d’eux dans l’espoir d’être touchées, car les lanières de bouc étaient gage d’une grande fécondité.

Le pape Gélase Ier mit fin à cette fête païenne en 495. En effet, les sacrifices de boucs, la scandaleuse course des luperques et les banquets décadents ne cadraient plus avec les valeurs de la nouvelle Rome chrétienne. Pour effacer le souvenir des Lupercales, dit-on, l’Église décréta que la date du 14 février serait dorénavant consacrée à honorer la mémoire de Valentin.

Selon une des hypothèses, Valentin était un prêtre romain qui fut emprisonné au 3e siècle, puis décapité un 14 février pour avoir osé célébrer secrètement des mariages pendant une période d’interdiction imposée par l’empereur Charles II. Plusieurs siècles après sa mort, Valentin fut canonisé en l’honneur de son sacrifice pour l’amour.

Toujours selon la légende, Valentin aurait, au cours de son emprisonnement, rendu la vue à la fille de son geôlier et, la veille de son exécution, lui aurait adressé une lettre signée « De votre Valentin ». Ce serait là l’origine de la coutume, apparue à la fin du Moyen Âge en Angleterre, d’écrire des mots d’amour à l’occasion de la fête de saint Valentin. C’est aussi à partir du 15e siècle que saint Valentin fut considéré, en Europe, comme le patron des amoureux.

Des oiseaux et des maris

La fête de notre martyr, le 14 février, coïncide avec la période à laquelle débute la saison des amours chez les oiseaux (notamment pour la grive, la perdrix et le merle). À l’époque médiévale, en France et en Angleterre, on croyait que c’était précisément ce jour-là que les oiseaux s’accouplaient.

Shakespeare en fait d’ailleurs mention dans sa pièce Le songe d’une nuit d’été lorsqu’il fait dire à Thésée :

Les oiseaux étaient non seulement les messagers du printemps, mais aussi ceux de l’amour. Le 14 février, les jeunes filles du Moyen Âge observaient attentivement les oiseaux. La première espèce d’oiseaux qu’elles apercevaient fournissait un indice à propos de leur futur mari : s’il s’agissait du merle, cela signifiait qu’elles se marieraient avec un marin; le chardonneret présageait un mariage avec un homme riche; et le moineau, une union avec un homme pauvre, mais avec qui elles feraient un mariage heureux. Ces damoiselles au cœur plein d’espérance furent peut-être bien les premières femmes ornithologues!