Au sens de « partir d’un lieu »

L’emploi du verbe quitter sans complément d’objet au sens de « partir, s’en aller d’un lieu » est considéré comme un canadianisme ou un terme vieilli.

En français standard, on commet une faute de syntaxe ou un anglicisme quand on utilise quitter de façon intransitive, c’est-à-dire sans complément d’objet.

En effet, le verbe quitter est transitif, c’est-à-dire qu’il doit être suivi d’un complément d’objet direct ou indirect qui précise ce que l’on quitte. Un complément circonstanciel de lieu, de temps, etc., n’est pas un complément d’objet :

Quand on ne veut pas préciser l’endroit que l’on quitte, il vaut mieux utiliser des verbes comme s’absenter, sortir, partir, etc. :

Emplois fautifs et solutions

Emplois fautifs et solutions
Évitez Employez
  • Jean a quitté ce matin.
  • Jean a quitté Edmonton ce matin.
  • Jean est parti ce matin.
  • À quelle heure quittez-vous le soir?
  • À quelle heure quittez-vous le bureau le soir?
  • À quelle heure partez-vous le soir?
  • À quelle heure finissez-vous de travailler le soir?
  • Je quitte à 15 h 30.
  • Je quitte le bureau à 15 h 30.
  • Je quitte le travail à 15 h 30.
  • Je finis ma journée de travail à 15 h 30.
  • Je regrette, mais Mme Leblanc a déjà quitté pour la soirée.
  • Je regrette, mais Mme Leblanc a déjà quitté le bureau.
  • Je regrette, mais Mme Leblanc est déjà partie.
  • Vers 11 h, il a enfilé son manteau et a dit à sa secrétaire : « Je quitte une heure ou deux! »
  • Vers 11 h, il a enfilé son manteau et a dit à sa secrétaire : « Je m’absente/sors une heure ou deux! »

Au sens d’« abandonner une activité »

Le verbe quitter employé dans le sens d’« abandonner une activité » est également toujours accompagné d’un complément :

Au sens de « démissionner »

Le verbe quitter employé seul est un anglicisme au sens de « démissionner ». Ailleurs dans la francophonie, on emploie plutôt :

Exemples

Renseignements complémentaires

Voir l’article Quitter dans l’absolu de Jacques Desrosiers dans L’Actualité langagière (repris dans les Chroniques de langue), vol. 5,  3 (2008).