Gérard Asselin
(L'Actualité terminologique, volume 8, numéro 5, 1975, page 3)

Certains hésitent parfois à faire accorder candidat avec le sujet de se porter, en se rappelant les locutions d’apparence adverbiale : se porter fort, se porter garant qui sont généralement invariables.

Dans l’expression précédente, fort n’est pas adverbe mais adjectif. L’ancien français fors ne pouvait pas distinguer entre le masculin et le féminin. De nos jours, toutefois, fort fait forte au féminin. Nous ne pouvons qu’appuyer Grevisse lorsqu’il dit : « On ne peut qu’approuver les auteurs qui, dans les expressions se faire fort de, se porter fort pour, font varier l’adjectif fort1. » Le terme fort invariable des expressions précédentes est un archaïsme du genre de grand-mère.

Se porter garant est une autre locution archaïque, où garant reste habituellement invariable, même lorsqu’il est adjectif. Toutefois, la tendance actuelle est de le faire varier. Nous rencontrons : « elles se sont portées garantes de sa bonne foi2. » Lorsque garant est l’ancien terme français synonyme de garantie, il est substantif.

Ce sont là des archaïsmes qui s’acclimatent graduellement à nos coutumes.

Notre expression se porter candidat est synonyme de : se présenter et être. En conséquence, candidat doit se mettre au féminin lorsque le sujet est féminin. En effet, « cette dame s’est portée candidate à la mairie » équivaut à « cette dame est candidate à la mairie ».

NOTES