Michèle Landis
(L'Actualité langagière, volume 3, numéro 4, 2006, page 45)

Cet article a paru dans À propos, la revue de l’American Translators Association (vol. IX, 1, p. 10). Il est reproduit avec l’aimable autorisation de Michèle Landis, rédactrice en chef de la revue (mf_landis@msn.com).

J’ai récemment soumis la question suivante au Secrétariat du dictionnaire de l’Académie française :

« Traductrice de profession, je me heurte souvent à la résistance de mes collègues qui refusent de mettre les accents sur les lettres majuscules, sous le prétexte que cette habitude canadienne n’est pas entrée dans les mœurs françaises.  Il me semble que les panneaux sur les routes de France et les journaux de qualité mettent les accents sur les lettres majuscules et que la clarté du message en est améliorée.

Je vous serais très reconnaissante d’éclairer ma lanterne et de me donner des références dans ce domaine.

Avec mes meilleurs sentiments. »

Voici ce qu’on m’a répondu :

La réponse à votre question figure sur notre site à la rubrique La langue française, « Questions courantes », article Accentuation des majuscules, avec le texte suivant :

« Quant à l’utilisation des accents sur les majuscules, il est malheureusement manifeste que l’usage est flottant. On observe dans les textes manuscrits une tendance certaine à l’omission des accents. Il en va de même dans les textes dactylographiés, en raison notamment des possibilités limitées qu’offrent les machines traditionnelles. En typographie, enfin, certains suppriment tous les accents sur les capitales sous prétexte de modernisme, en fait pour réduire les frais de composition.

Il convient cependant d’observer qu’en français, l’accent a pleine valeur orthographique. Son absence ralentit la lecture, fait hésiter sur la prononciation, et peut même induire en erreur.

On veille donc, en bonne typographie, à utiliser systématiquement les capitales accentuées, y compris la préposition À, comme le font bien sûr tous les dictionnaires, à commencer par le Dictionnaire de l’Académie française, ou les grammaires, comme le Bon usage de Grevisse, mais aussi l’Imprimerie nationale, la Bibliothèque de la Pléiade, etc. Quant aux textes manuscrits ou dactylographiés, il est évident que leurs auteurs, dans un souci de clarté et de correction, auraient tout intérêt à suivre également cette règle, en tirant éventuellement parti des ressources nouvelles que peuvent offrir les traitements de texte modernes.

Il en va de même pour le tréma et la cédille. »

Le Secrétariat du Service du Dictionnaire