André Guyon
(L'Actualité langagière, volume 5, numéro 2, 2008, page 29)

Au Canada, il y a sur le marché cinq ou six produits qui nous aident à gérer nos traductions et notre terminologie. Au début, on trouve ça merveilleux, on a le choix des outils. On examine, on se rend aux foires commerciales, et on veut choisir un ou deux de ces outils.

Plus tard, on constate que nos clients on acheté les mêmes outils. Certains clients exigent qu’on possède le même logiciel que le leur, sinon pas de contrats! Un traducteur ou un terminologue canadien pourrait avoir besoin de trois, quatre ou même cinq outils différents pour traiter avec autant de clients. Dur, dur d’être un langagier.

Ces outils s’ajoutent à la trousse déjà bien garnie dont nous disposons, et nous devons passer de longues heures à les maîtriser, comme nous l’avons fait avec nos ouvrages de référence. D’accord, c’est tolérable et c’est normal.

Par contre, quand on constate que l’on a investi en vain dans un logiciel, on se révolte avec raison, on s’insurge.

Je trouve « absurde » — c’est le mot — le fait d’investir quelques milliers de dollars, des dizaines d’heures, sans augmentation significative de revenus1, puis de constater que les données stockées à l’aide du logiciel A ne pourront pas être facilement importées dans le logiciel B, et ainsi de suite.

De toute évidence, un format d’échange commun s’impose. Une telle norme d’échange permet de transférer les précieuses données consignées avec amour et patience d’un logiciel à l’autre. Je fournis plus de détails un peu plus loin.

La norme d’échange de mémoires de traduction (TMX) a suscité une certaine adhésion de la part des concepteurs de logiciels, tandis que la norme d’échange de données terminologiques (TBX) se laisse désirer. Pourtant, des représentants des concepteurs de logiciels participent activement aux groupes de travail qui élaborent ces normes.

En fait, la plupart des concepteurs de logiciels veulent bien adhérer aux normes d’échange… à condition que leurs clients et utilisateurs en fassent la demande2.

Avec TMX 2.0, un fichier TMX permet de reconstituer à l’identique les fichiers qui constituent la mémoire de traduction. Malgré les prétentions des fournisseurs, leurs produits sont parfois loin d’être vraiment conformes à la norme TMX la plus récente.

Vous pouvez aisément vérifier par vous-mêmes :

Apportez aux concepteurs la version en langue de départ (source) et la version en langue d’arrivée (cible) d’un texte contenant des tableaux (préférablement un texte Word ou HTML). Demandez-leur de constituer une petite mémoire, puis de reconstituer le texte source et tirez vos propres conclusions. Cela dit, le verre est à moitié plein, pas à moitié vide.

Comme TMX, TBX est une norme de LISA3; elle existe aussi en tant que projet de norme ISO (30042). TBX décrit un format d’échange de données terminologiques très complet et assez complexe. Si tous les concepteurs de logiciels de gestion de terminologie l’adoptaient demain, nos ennuis d’échanges de données seraient pratiquement chose du passé.

Hélas, la plupart des concepteurs de logiciels n’ont pas encore fait le saut, parce que tout le monde hésite à se lancer. L’adoption du projet de norme ISO encouragera les grandes organisations à adopter le format TBX pour l’échange de données. On commence à voir de plus en plus de produits qui donnent des sorties en format TBX.

Quand ces normes seront adoptées par la plupart des concepteurs de suites logicielles d’aide à la traduction, les données et le monde langagier seront plus libres.

Pratique

Vous n’avez aucune intention d’acheter un logiciel de type FTP, mais aimeriez à l’occasion envoyer des données sur un site FTP. Vous craignez un peu la complexité de la chose?

Bonne nouvelle, c’est possible à partir de Windows 2000, XP et des versions suivantes. L’exemple illustré ci-dessous vient de Windows 2000.

Tout d’abord, il faut ouvrir l’Explorateur. Une fois qu’il est ouvert, vous remarquerez qu’il contient une zone blanche qui indique où il pointe.

Poste de travail

Capture d’écran d’un poste de travail.

Peut-être que vous ne le saviez pas, mais il peut pointer vers des adresses Internet, notamment des adresses FTP.

Exemple :

btb.gc.ca/pub/incoming

Capture d’écran d’un poste de travail.

J’ai entré ici l’adresse FTP publique à laquelle les pigistes du Bureau envoient leurs textes (Bureau de la traduction, site de FTP (ftp://ftp.btb.gc.ca/pub/incoming).

Il suffit donc de copier un texte à envoyer comme on le ferait pour le copier d’un dossier à un autre, puis de passer à l’adresse FTP voulue et de coller le texte, soit au moyen du raccourci-clavier Ctrl-V, soit au moyen de la commande Coller du menu Édition. Voilà!

Quand le site FTP est protégé, évidemment, vous devez d’abord entrer votre code d’utilisateur et votre mot de passe si vous en avez un.

De nombreuses sociétés offrent aussi des téléchargements gratuits, c’est beaucoup plus rapide que de naviguer sur leur site Web. Par exemple, à partir de Microsoft, site de FTP (ftp://ftp.microsoft.com), on voit la liste des dossiers permettant de télécharger divers types de fichiers :

ftp.microsoft.com

Capture d’écran d’un poste de travail.

Notes