Mariette Grandchamp-Tupula
(L'Actualité langagière, volume 8, numéro 2, 2011, page 13)

Depuis de nombreuses années, les langagiers et géologues canadiens sont partagés entre les termes gaz de schiste et gaz de shale pour rendre l’anglais shale gas. Comme le sujet est plus que jamais d’actualité au Québec, il devient impérieux de déterminer un équivalent français qui rallie tous les intéressés, ne serait-ce que du point de vue juridique.

Par définition, le terme anglais shale désigne une roche sédimentaire argileuse pouvant renfermer du gaz naturel, ce qui le distingue du schiste métamorphique (en anglais schist), qui a subi des transformations sous l’effet de la chaleur et ne renferme pas de ressources gazières. Quant au terme français schiste, il peut désigner une roche métamorphique ou une roche sédimentaire. Ce n’est que dans ce dernier type de schiste qu’il y a présence de gaz naturel. Le terme shale gas peut donc se rendre par gaz de schiste sans autre précision, le schiste sédimentaire étant le seul qui puisse renfermer du gaz. Inutile donc de se rabattre en français sur l’emprunt du terme shale, que certains considèrent d’ailleurs comme un affreux anglicisme.

Voici donc, pour résumer, les équivalents recommandés par le Bureau de la traduction pour rendre le terme shale gas, de même que les principales déclinaisons terminologiques qui gravitent autour de ce terme :

Bibliographie sommaire

Commission générale de terminologie et de néologie. Vocabulaire du pétrole et du gaz : Termes, expressions et définitions publiés au Journal officiel, 2007.

Khalatbari, Azar. « La ruée vers le gaz de schiste », Sciences et Avenir,  767, janvier 2011.

Le grand Larousse universel, 1991.

Le grand Robert de la langue française, 2011.

Office national de l’énergie. Glossaire sur L’avenir énergétique au Canada.

Office québécois de la langue française. Rapport-synthèse : schiste et gaz de schiste, 2011.

Vially, Roland. « Le gaz naturel : condamné ou relancé ? », Pour la Science,   69, décembre 2010.