André Guyon
(L'Actualité langagière, volume 7, numéro 3, 2010, page 26)

Comme tout bon cordonnier mal chaussé, j’oublie à l’occasion de faire ce que j’ai suggéré aux autres. Par exemple, je répète souvent que la sécurité des données passe par des sauvegardes et une discipline de fer. Sauf qu’il y a toujours une bonne raison pour déroger au plan qu’on s’était fixé.

En août 2009, j’ai acheté un ordinateur d’une marque très connue et très fiable. Un appareil haut de gamme. Eh bien, l’appareil m’a laissé tomber en novembre ou décembre. J’avais sauvegardé mes fichiers sur des DVD mais, je l’avoue, j’ai été pris par surprise. L’ennui avec les sauvegardes, c’est qu’à moins de disposer d’un deuxième ordinateur à peu près identique au premier et qui permet de vérifier l’intégrité de la copie, on peut avoir des surprises le jour où on veut restaurer le système. Ce qui devait arriver arriva… Il était impossible de restaurer les données puisque la sauvegarde s’était faite à partir d’un médium défectueux… Par surcroît, la compagnie m’a ensuite envoyé un disque dur endommagé. Heureusement, lesdonnées que j’avais stockées sur d’autres ordinateurs étaient en bon état, ce qui a limité les dégâts. Cependant, que serait-il arrivé en cas d’incendie ou de dégâts causés par l’eau? Je pense que j’aurais tout simplement pleuré.

On peut se prémunir à peu de frais contre ce genre de risques. Des sociétés bien connues offrent des solutions peu coûteuses qui permettent de stocker automatiquement tout le contenu d’une arborescence de dossiers. On passe au feu le jeudi, et le vendredi matin on peut emprunter l’ordinateur d’un ami ou en louer un.

Un tel service coûte environ un dollar par semaine. En général, ça fonctionne comme suit :

  1. On désigne le dossier ou le répertoire principal qui contiendra les documents ou sous-répertoires où on mettra les précieuses données (par exemple le dossier Mes documents dans la plupart des versions de Windows).
  2. On s’organise pour que tous les logiciels de travail stockent leurs données dans cette arborescence (certains logiciels ont gardé la fâcheuse habitude de stocker ailleurs).
  3. On se connecte tous les jours à Internet quelques minutes, et le tour est joué.

La plupart d’entre nous utilisent Microsoft Word. Voici donc comment configurer les options voulues pour les versions 2000 et 2007 (ça devrait être pratiquement identique pour 2010).

Dans Word 2000, menu Outils, puis Options ouvre une fenêtre à plusieurs onglets. L’onglet Dossiers par défaut permet de préciser où on veut que ça se passe.

Copie d’écran du menu d’options de Word

Les deux dossiers qui nous intéressent sont Documents et Récupération automatique de fichiers. Cliquez sur le dossier dont vous voulez modifier la destination, sur le bouton Modifier, puis naviguez jusqu’au dossier voulu.

Copie d’écran de l’icône qui représente le menu fichier de Word

Dans Word 2007, c’est un peu plus laborieux. Tout d’abord, au lieu de sélectionner le menu Fichier, on clique sur l’icône qui représente Office 2007 et tient lieu de menu Fichier*.

S’affiche alors une boîte de dialogue. Le bouton Options Word se trouve dans le coin inférieur droit et il ouvre à son tour une nouvelle boîte de dialogue. La partie qui nous intéresse se nomme Enregistrement.

Copie d’écran du menu Options Word

Les deux chemins d’accès indiqués correspondent respectivement aux dossiers désignés comme suit dans l’exemple de Word 2000 : Récupération automatique de fichiers et Documents.

En général, les sociétés offrent entre 5 et 20 gigaoctets d’espace de stockage; ça devrait suffire, sauf si vous décidez d’y mettre des fichiers multimédias, qui peuvent être énormes. Le cas échéant, vaut mieux emporter des supports de données chez un ami ou ailleurs. Quand vient le temps de choisir un fournisseur pour ce genre de service, le critère le plus important est la viabilité de l’entreprise. La disparition d’un fournisseur indépendant qui mène son entreprise depuis son sous-sol pourrait vous réserver de mauvaises surprises. Dans la même veine, certains se tournent de plus en plus vers des applications de bureautique Web dont le contenu est stocké auprès de grandes sociétés. On aura avantage à choisir une société qui stocke ailleurs qu’aux États-Unis si on ne veut pas que le contenu sot examiné en vertu de la Patriot Act. De nombreux collègues m’ont aussi dit reprocher à ces interfaces Web tel-tel (WYSIWYG) d’être généralement boguées, de telle sorte qu’on doit souvent refaire le formatage du document.

Pour m’éviter des problèmes, j’utilise depuis plus de cinq ans une adresse courriel qui n’est pas liée à mon fournisseur de services Internet et qui me permet de récupérer mon courriel partout dans le monde. Auparavant, j’utilisais le même logiciel de courrier électronique que mon employeur, et je perdais régulièrement des données. Je n’ai rien perdu depuis cinq bonnes années. En somme, si je n’ai pas de secrets d’État, mettre mes données sur Internet au lieu de les conserver à la maison demande moins de manipulations et diminue les risques de perdre des données. À vous de voir si ça vous branche aussi.

Remarque

Retour à la remarque 1* Incroyable mais vrai! Microsoft déroge ainsi au principe selon lequel des menus standard facilitent la vie aux utilisateurs. La première fois, les gens cherchent le menu Fichier quelques minutes avant d’arriver à sauvegarder leur document.