Christine Hug, Traduction , Robert Lemire
(L'Actualité langagière, volume 5, numéro 1, 2008, page 25)

En un mot : Oui.

Il nous arrive maintenant si souvent de mentionner des sites Web et d’autres sources Internet que certaines personnes se demandent s’il est nécessaire d’inclure les préfixes « http:// » et « www » lorsqu’on renvoie à un site. Le mieux consiste à inclure ces deux éléments. Le présent article expliquera ce que la Internet Engineering Task Force, le World Wide Web Consortium et le Conseil du Trésor du Canada ont à dire sur la question.

Aperçu des URL

Avant de parler des adresses Web, ou URL (Uniform Resource Locator), voici quelques renseignements sur ces adresses et leurs éléments. Pour en savoir plus à ce sujet, voir : Page W3C en anglais qui traite des URI, URL et URN.

Premier exemple d’URL :

http://www.termiumplus.gc.ca/site/outils_tools_f.html

méthode http://
autorité www.termiumplus.gc.ca/
chemin site/
nom de fichier outils_tools_f.html

Deuxième exemple d’URL :

telnet://admiral.umsl.edu:7777

méthode telnet://
autorité (hôte:port) admiral.umsl.edu:7777

Types de méthodes

Les adresses URL ne comportent pas toutes la même méthode. Bien que http soit une méthode que l’on rencontre fréquemment dans les médias à grande diffusion, il en existe d’autres. Par exemple :

(On trouvera une liste de méthodes plus exhaustive à Page Wikipedia en anglais pour URI scheme.) Lorsqu’on sait que http est une méthode et que cette méthode fait partie de l’URL, il devient évident qu’il faut inclure « http:// » dans une URL qu’on fait figurer dans un texte.

www

L’élément « www » d’une URL se nomme « segment de chemin » (un élément d’adresse délimité par un point). Les segments font partie de l’élément autorité d’une URL. Vous devriez inclure le « www » car, bien que de nombreuses compagnies enregistrent des domaines avec et sans « www », elles ne le font pas toutes. Ainsi, au moment d’écrire ces lignes, « www.newseum.org » mène à un site Web, mais non « newseum.org ». Certains sites Web fonctionnent dns deux domaines Internet : l’un désigné par le « www » et l’autre non. Par exemple, http://site.com/ et http://www.site.com/ donnent accès au même site Web. De nombreux sites redirigent les utilisateurs vers l’adresse qui ne comporte pas le « www » (et vice versa) mais, à moins de vérifier que l’adresse sans « www » mène au site vers lequel vous voulez diriger vos lecteurs, n’omettez pas le « www » : ils pourraient être incapables de consulter la page visée s’il n’y a pas de redirection active.

Qu’en disent les autorités?

La politique sur la normalisation des sites Internet 2.0 publiée par le Conseil du Trésor ne comporte aucune règle relative à l’insertion ou à l’omission de http:// dans les URL si ce n’est qu’il est nécessaire que les liens fonctionnent (Normalisation des sites Internet 2.0). Le World Wide Web Consortium (W3C) (Document anglais URI Specifications) et l’Internet Engineering Task Force (IETF) (Document anglais de l’IETF intitulé Uniform Resource Identifier (URI): Generic Syntax) incluent « http:// » dans leurs adresses URL.

Pourquoi inclure « http:// »?

La principale raison pour laquelle on introduit une URL dans un texte est de permettre aux lecteurs d’accéder à cette ressource. Pour aider le lecteur, l’URL doit être claire, explicite, non ambiguë et complète. Pour qu’elle soit claire (afin que les lecteurs ne fassent pas de suppositions erronées) et uniforme (si le texte contient des URL qui ne désignent pas que des pages Web, il faut donner la méthode initiale de toutes les URL), la meilleure pratique consiste à écrire les URL avec le « http:// » intial, comme dans cet exemple : Bureau de la traduction.

Vous devez inclure tous les segments composant l’URL, mais vous pouvez aussi parfois omettre le « http:// » afin de gagner de l’espace, à des fins esthétiques, ou parce qu’il ne sera pas possible de cliquer sur l’URL (sur un babillard, par exemple). Si vous pensez devoir l’omettre, ne le faites que si :

Dans le cas des longues URL qui doivent être découpées au moyen d’espaces afin de permettre le saut d’une ligne à la suivante, nous approuvons le conseil de l’IETF qui recommande d’encadrer l’URL au moyen des caractères « < » et « > » (sans espace entre ces signes et l’URL) afin de montrer clairement où elle commence et où elle finit (voir Document anglais de l’IETF intitulé Unifrm Resource Identifier (URI): Generic Syntax, Appendice C). Cela indique clairement au lecteur où sont le début et la fin de l’URL. À quel endroit devrait-on couper l’URL? Coupez-la à la fin d’un élément de l’URL, soit normalement immédiatement avant ou après un point (.), un point d’interrogation (?), un dièse (#)», l’arobas (@) ou une barre oblique (/). Ne faites pas une division en ajoutant un trait d’union. Comme certaines URL contiennent déjà des traits d’union, on peut semer la confusion dans l’esprit du lecteur en en ajoutant un autre à une adresse.

Exemple d’URL coupée immédiatement après une barre oblique parce qu’elle était trop longue pour tenir sur une seule ligne : <http://www.exemple.com/accueil/Terese/principal/concoursnouvelles/
reglements.htm>.

Pratique exemplaire

« http:// » et « www » font partie de l’URL. Mettez-les donc dans vos textes!

Note

  1. The English version of this article was published in the December 2007 issue of Language Update.