Martine Racette, trad. a.
(L'Actualité terminologique, volume 34, numéro 2, 2001, page 28)

Dans la foulée du Sommet des Amériques qui se tenait à Québec en avril dernier, j’ai jugé à-propos de revenir brièvement ici sur l’emploi du mot globalisation pour désigner le phénomène de la mondialisation.

Dans un article intitulé « Le legs de McLuhan » (L’Actualité terminologique, vol. 30,  3), je me demandais si globalisation allait se tailler une place à côté de mondialisation dans le vocabulaire de l’économie et des marchés, et ce, en dépit du silence des lexicographes. Nous étions en 1997, et globalisation, pour indésirable qu’il était, avait la vie chevillée au corps, surtout dans la presse européenne – les journalistes canadiens semblant être plus prudents.

Quatre ans plus tard, mondialisation et globalisation cohabitent encore, bien que dans l’usage dit « soigné », mondialisation ait surclassé son rival, de ce côté-ci de l’Atlantique du moins. Mais il y a du nouveau : fidèle moi-même au conseil que je donnais aux lecteurs à l’époque, j’ai gardé l’œil ouvert, et j’ai constaté que le Petit Robert, dans son édition mise à jour de juin 2000, fait une place à globalisation dans le sens qui nous intéresse, en ayant soin toutefois de préciser qu’il s’agit d’un anglicisme. L’adjectif global y figure aussi dans le sens de « mondial », avec la mention « de l’anglais global ». Le mot a donc un pied dans la porte, si je puis m&rsuo;exprimer ainsi, et l’avenir nous dira si, malgré les mises en garde du Robert et de certains ouvrages de difficultés, il finira par être admis sans réserve, comme cela a été le cas pour d’autres anglicismes installés pour de bon dans la langue française. Notons pour terminer que le Petit  Larousse, qui suit pourtant de près l’évolution de l’usage, reste muet sur la question dans son édition de 2001.