Lexique analogique : introduction et remerciements

C’est en grande partie pour combler des lacunes mnémoniques personnelles que j’ai établi le Lexique analogique, dont je me suis abondamment servi dans toutes sortes de contextes au fil des ans. Satisfait au départ, je n’ai pas tardé à y relever de multiples lacunes, en particulier quant à l’ordre ou au désordre des équivalents proposés. Ce constat est sans doute imputable au recul, mais aussi au fait qu’ayant élaboré le premier document en dehors de mon activité professionnelle normale, je ne disposais à l’époque ni du temps ni de la tranquillité d’esprit voulus pour systématiser et approfondir ma démarche.

Ces dernières années, les lacunes en question m’ont paru encore plus évidentes et j’ai acquis la conviction qu’une véritable refonte était devenue nécessaire. Sans compter que des termes importants s’étaient déplacés vers l’avant-scène depuis 1989 et que des solutions neuves s’étaient imposées pour des termes retenus à l’origine. À la fin de 1995, mes vœux ont été exaucés et je me suis vu accorder du temps pour réaliser ce projet.

L’optique qui a présidé à la refonte s’accorde avec l’orientation initiale : d’une part l’analyse de difficultés courantes, d’expressions en vogue et de mots passe-partout en anglais, d’autre part l’établissement de listes d’équivalents pouvant être parcourues rapidement et susceptibles de favoriser une écriture à la fois souple et précise en français. Il s’agit dans mon esprit d’une sorte de recherche appliquée visant à faciliter le travail des traducteurs et rédacteurs professionnels, mais dont peuvent aussi tirer parti tous ceux qui écrivent ou traduisent à l’occasion.

Sur le plan des détails et de la forme, j’ai apporté plusieurs changements, expliqués dans la page Lexique analogique : structure de l’outil. Entre autres, j’ai accordé beaucoup d’attention à l’arrangement des équivalents, croyant que, même pour un ouvrage de cette nature, il importe de garder à l’esprit le point de vue de Pascal selon lequel « […] les mêmes mots forment d’autres pensées par leur différente disposition […] et les sens diversement rangés font différents effets » (Pascal, Pensées, Préface générale [l’ordre]).

Une cinquantaine de nouvelles entrées ont été ajoutées au présent document. Il va de soi qu’un certain arbitraire a présidé à leur choix, mais le degré de difficulté, la « popularité » ainsi que la richesse et la complexité des notions ont constitué des critères importants.

Parmi les termes retenus au départ, j’ai constaté que plusieurs étaient maintenant traités de façon exhaustive dans TERMIUM®, la banque de données linguistiques du gouvernement du Canada, ou diverses sources facilement accessibles, tandis que d’autres s’avéraient trop spécialisés ou trop rares pour un ouvrage comme celui-ci, de sorte que j’ai fait quelques suppressions pour rehausser la cohérence générale et réduire au minimum les doubles emplois. Dans le même ordre d’idées, j’ai éliminé de nombreuses « sous-entrées » à policy, non- et self-, certes parce que le délai imparti limitait les possibilités d’analyse, mais également afin de privilégier des notions aux équivalents multiples pouvant servir de synonymes en français.

D’autres suppressions ou ajustements auraient peut-être été indiqués, mais j’ai aussi voulu conserver le cachet du premier document qu’une épuration trop stricte aurait édulcoré; en outre, devant l’alternative de multiplier les interventions formelles pour des résultats somme toute insignifiants ou de pousser plus loin l’analyse comme telle, j’ai choisi cette dernière option.

Tant pour la première édition que pour celle-ci, divers termes et solutions m’ont été recommandés par des collègues traducteurs; je leur témoigne ici ma reconnaissance. Je réitère mes remerciements à tous ceux qui m’ont appuyé lors de la première édition et je remercie également de façon particulière, en ce qui a trait à la présente refonte : mes collègues anglophones, Élizabeth Cowan, Carol Edgar et Patricia Galbraith, pour leurs nombreux conseils utiles; Frèdelin Leroux, pour ses précieux avis et son approche enthousiaste des problèmes linguistiques et traductionnels; Alain Beaudoin, pour son infatigable lutte contre la traduction servile, pour m’avoir si souvent servi de guide dans les méandres de la langue juridique et, dans le cas présent, pour sa contribution à l’élaboration de la fiche « jurisdiction »; Denise Langlois, pour la relecture critique des pages liminaires; Denis Gauvin et Louise Picard, pour plusieurs solutions nouvelles aux termes déjà analysés; Moïse Khadour, pour m’avoir fourni une imprimante de qualité qui a facilité la mise en page à la source; Nicole Vilandré, pour avoir aimablement mis à ma disposition plusieurs ouvrages de référence indispensables; et Gilles Martel, pour m’avoir obtenu rapidement la version la plus récente de TERMIUM® sur CD-ROM.

Je tiens en outre à exprimer ma gratitude à l’ex-directeur de la Traduction parlementaire et de l’Interprétation pour le Bureau de la traduction, M. Alphonse Morissette, qui a accepté de me détacher du court terme afin que je puisse me consacrer entièrement à cette refonte; un tel appui était essentiel à la concrétisation de l’entreprise.

On m’a posé plusieurs fois la question : qu’est-ce qu’un lexique « analogique »? pourquoi « analogique »? Réponse : parce que l’analogie y tient un grand rôle. Dans le sens courant, le Grand Robert la définit comme une « ressemblance établie par l’imagination […] entre deux ou plusieurs objets de pensée essentiellement différents »; d’après le Trésor de la langue française, l’analogie est un « rapport de ressemblance, d’identité partielle entre des réalités différentes préalablement soumises à comparaison […] ».

Dans la partie lexique, les renvois analogiques en caractères gras permettent de passer du terme consulté à un autre, dont le sens ou l’un des sens a un rapport de ressemblance avec le premier et qui, à la limite, aurait pu tout aussi bien être choisi par le rédacteur anglophone pour exprimer son idée; toujours dans la partie lexique, les « blocs » de mots ou d’expressions – principale nouveauté de la présente édition – constituent d’autres groupements à caractère analogique. Par ailleurs, les entrées figurant dans l’index anglais renvoient à des termes analogues du lexique dont les équivalents peuvent, selon le contexte, rendre adéquatement l’idée à exprimer. Quant à l’index français, il fait voir des liens analogiques à partir de mots ou d’expressions en français qui figurent en différents endroits du lexique. (On trouvera dans la page Lexique analogique : structure de l’outil une explication détaillée de ces trois éléments constitutifs de l’ouvrage.)

Dans tout le document, la forme masculine est utilisée sans aucune discrimination, uniquement pour alléger la présentation et faciliter la consultation.

Enfin, bien qu’il ait fait l’objet d’une démarche beaucoup plus rigoureuse que son prédécesseur, le nouveau Lexique analogique n’est ni exhaustif ni limitatif; il y aurait eu beaucoup d’autres termes à traiter, et l’outil refondu comporte fatalement des points faibles. Puisse-t-il néanmoins rendre de fréquents services.

J. Dubé

Avis de droit d’auteur pour le Lexique analogique

© Sa Majesté le Roi du chef du Canada, représenté par le ou la ministre des Services publics et de l’Approvisionnement
Un outil mis en ligne par le Bureau de la traduction, Services publics et Approvisionnement Canada

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