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objecter

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  1. C’est par analogie avec le verbe s’opposer qu’on en est venu à dire [s’objecter] dans l’ancien parler du Canada français. Encore de nos jours, d’ailleurs, l’emploi d’objecter à la forme pronominale est fort répandu et persistant, comme l’attestent les nombreuses occurrences de cette forme vicieuse dans notre langue, tant parlée qu’écrite.

    En plus d’être un barbarisme (le mot [s’objecter] n’existe pas en français), c’est un solécisme (objecter étant syntaxiquement construit à la forme pronominale) et un anglicisme (c’est sous l’influence de "to object" que l’on prête à objecter le sens anglais de s’opposer à quelque chose, de protester contre quelque chose). On le remplacera, selon les contextes d’emploi, par des locutions verbales telles que s’opposer à, être contre, différer d’opinion, s’inscrire en faux contre, s’élever contre. « L’avocat s’est opposé avec véhémence à la procédure irrégulière. » « La députée a déclaré qu’elle était contre cette motion. » « Le juge a dit qu’il différait d’opinion quant à cette interprétation de la règle de droit. » « Je m’inscris en faux contre de tels propos. » « Nous nous élevons contre pareils agissements. »

  2. Le verbe objecter signifie contester, affirmer ou déclarer son opposition à quelque chose, se déclarer en désaccord avec quelqu’un, opposer une objection en réponse à une opinion, à une prise de position, à une affirmation, à un argument, s’élever contre quelque chose, trouver à redire, se plaindre, protester.

    Le verbe modifie une suggestion, une opinion; en ce cas, il peut évoquer soit l’idée de réfutation, de contradiction, signifiant alors opposer une raison, un fait, une idée, un argument en réponse à une demande, à une affirmation, à une proposition, à une autre raison : « Il a objecté la règle 33 à (ou contre) l’opposition soulevée par la partie interrogeante », soit l’allégation, la contestation, signifiant alors opposer à quelqu’un une raison pour l’empêcher de dire, de faire valoir quelque chose : « Le tribunal lui objecte les moyens mêmes qu’elle avance. » « Il ne trouve rien à objecter à cet argument. »

    Le verbe modifie une demande; en ce sens, il peut évoquer l’idée de prétexte, signifiant opposer une excuse, une raison à une demande, à une offre : « Il a objecté la défaillance de mémoire pour ne pas avoir à répondre à la question. » « Le candidat-juré a objecté la maladie pour ne pas faire partie du jury. »

  3. Le verbe objecter suivi d’une proposition complétive introduite par le pronom relatif que a un sens affaibli; il prend le sens de répondre, de rétorquer, de répliquer, de faire valoir. « D’aucuns pourront objecter que cette conception est périmée. » « Il a objecté qu’il avait été ainsi dépouillé de son droit. »

    Dans ce sens faible, le verbe objecter s’emploie alors en incise pour mettre l’accent sur le sujet de la proposition principale. « L’avocat de la partie adverse, a-t-il objecté, a eu amplement l’occasion d’interroger mon client. »

  4. Dans la langue du droit, objecter s’emploie intransitivement. Cet usage n’est pas attesté dans la langue usuelle. « Les parties ont le droit d’objecter » (= elles peuvent soulever des objections).

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