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Les métiers des langues officielles : la traduction

Bureau du commissaire aux langues officielles du Nouveau-Brunswick

2012-08-20

Ces hommes et ces femmes travaillent dans l’ombre. Leur nom n’apparaît nulle part. Et l’on souligne rarement leur travail. Pourtant, le bilinguisme officiel est impossible sans leur concours. Les traducteurs, interprètes et terminologues permettent aux communautés francophones et anglophones de se parler, de se comprendre. Le Bureau du commissaire aux langues officielles du Nouveau-Brunswick leur rend hommage en publiant une série d’articles sur ces amoureux des langues. Cet article est le dernier d’une série de trois.

Marion Macfarlane, traductrice

Très jeune, alors que sa famille vivait en Écosse, Marion Macfarlane a eu le coup de foudre pour les langues étrangères. Aujourd’hui, elle assouvit sa passion en étant traductrice à l’Assemblée législative du Nouveau-Brunswick. Cette femme jongle avec les mots pour bien traduire la pensée de nos représentants politiques, mais aussi, pour faciliter la communication entre les gens.

Les employés du service de traduction de l’Assemblée législative traduisent beaucoup de mots : 1,8 million annuellement. Une importante partie de leur travail consiste à traduire le « hansard », c’est-à-dire la transcription des échanges des députés à la Chambre. Marion Macfarlane précise qu’il s’agit là d’une tâche très délicate. « D’un côté, il ne faut pas faire dire à un député ce qu’il n’a pas dit. De l’autre, il faut éviter de tomber dans le piège de la traduction mot à mot, car cela peut rendre le texte lourd, voire incompréhensible. » Elle résume ainsi le défi du traducteur : « Rendre le même message tout en respectant le génie de l’autre langue. »

Marion estime que chaque langue est une fenêtre sur le monde et donc une source d’enrichissement. Elle a d’ailleurs eu la chance de vivre en Europe, en Afrique et au Moyen-Orient. Outre l’anglais, sa langue maternelle, elle maîtrise l’allemand, le français et le latin. Généralement, un traducteur traduit vers sa langue maternelle. Cela n’est pas le cas pour Marion qui traduit principalement de l’anglais vers le français. Selon elle, une des particularités de la traduction parlementaire est que le message à traduire est généralement destiné à être entendu plutôt que lu : « Les discours sont rédigés de façon à ce que les mots résonnent dans l’esprit des auditeurs », précise-t-elle. « Souvent, ils sont parsemés d’expressions à la mode destinées à s’incruster dans la mémoire de ceux-ci. Il incombe au traducteur de trouver l’équivalent officiel de ces expressions en anglais ou en français, s’il en est, ou encore de produire une traduction adéquate et percutante à laquelle il faudra rester fidèle dans les futures traductions, car, inévitablement, l’expression en question reviendra. »

C’est bien connu, les politiciens utilisent souvent un vocabulaire très imagé. Marion ajoute que cela aussi doit se refléter dans la traduction. Toutefois, les équivalents n’existent pas toujours dans l’autre langue, ce qui rend le travail d’autant plus difficile. Et les expressions à traduire font parfois sourire… La traductrice donne l’exemple d’un député qui a comparé la conduite d’un de ses collègues à celle du sympathique personnage Chicken Little (un petit poussin au tempérament anxieux). Diverses options s’offraient alors au traducteur : reprendre le nom anglais et fournir une explication en bas de page, utiliser l’adjectif « alarmiste » ou l’expression « prophète de malheur ».

Marion précise qu’elle est appelée à traduire des textes portant sur tous les sujets. « C’est un métier dans lequel on apprend beaucoup », déclare-t-elle. Mais la variété des sujets signifie également que le traducteur doit sans cesse approfondir le vocabulaire spécialisé propre à chaque domaine d’activité (foresterie, santé, transport, etc.). « Il faut beaucoup lire et lire de tout. »

Qu’est-ce qu’une traduction réussie? « C’est quand on a l’impression d’avoir transmis le même message d’une façon élégante, qu’on a vraiment facilité la communication », déclare la traductrice. Marion juge qu’il y a trop de barrières en ce monde et, à sa façon, elle tente de les abolir en « facilitant la communication », comme elle le dit si bien.