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La profession de réviseur

Alethea Spiridon
Association canadienne des réviseurs
(L'Association canadienne des réviseurs a commencé à utiliser le nom Réviseurs Canada le 1er juillet 2015.)

2011-08-08

Les différents types de révision

Bien que les réviseurs œuvrent dans divers secteurs et qu'ils assument des tâches très variées, les bases de la révision sont toujours les mêmes. Les réviseurs effectuent quatre tâches, dans l'ordre suivant : la révision structurale/de fond, la révision stylistique, la préparation de copie et la correction d'épreuves.

En révision, la première étape consiste à examiner le texte dans son ensemble. La révision structurale/de fond permet d'évaluer la façon dont s'imbriquent toutes les sections d'un document. En effet, un bon réviseur peut conseiller l'auteur sur la meilleure façon d'organiser le contenu de son texte. La révision structurale/de fond peut être comparée à la réalisation d'un casse-tête, à la différence qu'il existe plus d'une façon d'assembler les « morceaux » pour obtenir un document qui se tient et qui est bien structuré.

Vient ensuite l'étape de la révision stylistique qui consiste à revoir le texte ligne par ligne pour s'assurer que les phrases se lisent bien. On vise ici à éliminer le jargon, les clichés, de même que les termes et les sections de phrase redondants. À cette étape, il est important que le réviseur comprenne qui est le public cible et qu'il en tienne compte dans sa révision. Il devrait entre autres s'assurer que le niveau de langue et le ton employés sont adaptés au public visé. La révision stylistique consiste donc à épurer le texte des éléments boiteux qu'il peut contenir.

La préparation de copie est l'étape suivante. Elle consiste à apporter les corrections nécessaires sur les plans de la grammaire, de l'orthographe, de la constance et de la syntaxe, ainsi qu'à appliquer les règles d'écriture typographique dans l'ensemble du texte. Le réviseur préparera habituellement une feuille de style reflétant les conventions d'écriture et le style privilégiés à l'interne.

En dernier lieu, on fait une correction d'épreuves afin d'obtenir un document exempt d'erreurs typographiques ou autres. Cette tâche devrait idéalement être effectuée par une tierce personne qui peut avoir un regard neuf sur le texte. Malheureusement, la correction d'épreuves est une étape qui est souvent négligée par manque de temps. Même si certains doutent de son utilité, il ne faut pas oublier que des erreurs peuvent échapper même aux réviseurs les plus rigoureux. Cette étape devrait donc figurer dans les calendriers de production, afin de réduire la probabilité que subsiste une erreur gênante.

Bien souvent, les clients n'expriment pas clairement quel type de révision ils souhaitent, et cela peut engendrer de la confusion. L'Association canadienne des réviseurs (ACR) a élaboré une liste de définitions des différentes activités rédactionnelles, que l'on peut consulter sur son site Web. Il est important que les réviseurs pigistes reçoivent des directives claires de la part de leur client. L'ACR recommande donc que les deux parties signent un contrat ou une lettre d'entente. On peut consulter un modèle de contrat type pour le travail à la pige sur le site Web de l'ACR.

Les défis et les aspects valorisants du métier

Le réviseur a donc pour mandat d'améliorer un texte d'une façon qui respecte le ton de l'auteur et qui réponde aux besoins du public cible. Ce mandat est valable peu importe que le réviseur soit pigiste ou employé, qu'il travaille pour le gouvernement ou pour un auteur qui commence à se faire un nom. En formulant ses commentaires d'une façon positive et constructive, le réviseur s'assurera de maintenir de bonnes relations de travail avec les auteurs.

Pour un bon réviseur, l'aspect le plus gratifiant du métier est d'améliorer un manuscrit en le rendant plus clair, plus concis et mieux structuré qu'à l'origine. Ce sentiment d'accomplissement est d'autant plus marqué quand un client reconnaît la valeur du travail qui a été réalisé.

Les efforts des réviseurs ne sont pas souvent reconnus publiquement. Leur satisfaction, outre les remerciements (possibles) de l'auteur, est de savoir qu'en polissant un manuscrit reçu à l'état brut, ils ont réussi à révéler un « joyau » au monde extérieur.