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Le Conseil supérieur de la langue française prend position sur la question de la norme

Conrad Ouellon, président
Conseil supérieur de la langue française (Québec)

2009-10-08

En septembre 2008 se tenait à Québec un colloque international sur les variétés de français dans le monde où fut abordé, entre autres sujets, celui de la norme commune de référence. Quelques semaines plus tôt, lors du congrès mondial de la Fédération internationale des professeurs de français (FIPF), j'avais eu l'occasion de faire part de nos réflexions sur le même thème. À la suite de ces évènements et aux discussions qu'ils ont suscitées, il nous a semblé que le moment était probablement venu de faire le point sur la question de la norme du français dans un contexte québécois. Nous croyons également que la priorité doit dorénavant être accordée au dossier de la maîtrise de la langue.

La prise de position du Conseil supérieur de la langue française, intitulée La question de la norme linguistique, sera publiée sur le site du CSLF (www) Avis d'hyperliens français dans le courant du mois d'octobre. Essentiellement, on y soutient que les variétés de français en usage dans le monde sont des expressions d'une seule et même langue. Elles partagent, pour l'essentiel, la même grammaire, la même phonologie et le même vocabulaire, c'est-à-dire les mêmes règles de fonctionnement. Comme ces communautés se fréquentent de plus en plus, chaque variété s'appuie également, sur des modèles socioculturels semblables, du moins en bonne partie. De plus, elles partagent un corpus littéraire séculaire qui constitue un patrimoine culturel panfrancophone, auquel viennent se greffer les différentes littératures nationales d'expression française. Ce qu'on enseigne au Québec, en Belgique, en Afrique, dans les Antilles et ailleurs, c'est le français. On peut voir dans cette grammaire, cette phonologie et ce vocabulaire en partage une norme centrale du bon usage, une norme commune de référence qui fédère l'ensemble des variétés de français en une seule et même langue, et qui confère à celle-ci une certaine stabilité et préserve l'intercompréhension.

La norme commune de référence est quelque chose de « construit », le fruit de siècles d'évolution et de codification. On peut la qualifier de norme standard ou encore de norme internationale. Bien qu'historiquement elle trouve sa source surtout en France, elle est désormais « apatride » et n'appartient pas à une communauté francophone plus qu'à une autre. Elle ne peut non plus être confondue tout à fait avec la norme franco-française (parfois appelée norme hexagonale) qui renvoie avant tout à un concept géolinguistique, même si le français de France continue d'exercer une influence déterminante sur l'évolution de la norme commune.

Le texte du Conseil aborde plusieurs autres aspects du rapport entre les variétés de français et la norme. La consultation de ce document sur son site, qui vient d'être entièrement rénové, vous permettra par la même occasion de prendre connaissance de la riche documentation qu'il propose.