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Les métiers des langues officielles : l'interprétation – première partie

Bureau du commissaire aux langues officielles du Nouveau-Brunswick

2012-03-12

Ces hommes et ces femmes travaillent dans l'ombre. Leur nom n'apparaît nulle part. Et l'on souligne rarement leur travail. Pourtant, le bilinguisme officiel est impossible sans leur concours. Les traducteurs, interprètes et terminologues permettent aux communautés francophones et anglophones de se parler, de se comprendre. Le Bureau du commissaire aux langues officielles du Nouveau-Brunswick leur rend hommage en publiant une série d'articles sur ces amoureux des langues. Cet article est le premier d'une série de trois.

Wilfred Alliston, interprète

Lorsqu'il parle de son métier, Wilfred Alliston le compare à celui d'un acrobate. Il a bien raison. L'interprète doit écouter les propos d'une personne et, en même temps, les retenir, les traduire et les redire dans une autre langue. Bref, de la haute voltige.

Originaire de Fredericton, Wilfred Alliston exerce d'abord le métier d'enseignant, mais cela ne lui plaît guère. Ayant appris le français, il cherche à tirer profit de son bilinguisme. Il décide de poser sa candidature à un concours de traducteur-interprète. Sa candidature est retenue et, en septembre 1973, il reçoit sa première affectation. Wilfred ne regrette pas son changement de carrière. « C'est un métier qui m'apporte la possibilité et la nécessité de toujours apprendre, et c'est cet apprentissage constant qui rend la vie intéressante, voire passionnante », déclare-t-il dans un français parfait et avec un accent à peine perceptible.

Ayant été responsable de la formation des interprètes pendant de nombreuses années, Wilfred connaît bien les aptitudes requises pour exercer ce métier. Outre une excellente maîtrise des langues et un fort esprit de synthèse, il précise qu'il faut un réflexe mental rapide et être capable de travailler sous pression. « Il faut également avoir la passion des mots et la passion d'apprendre », ajoute-t-il. La profession a également ses difficultés. « On exige une concentration totale. C'est ce qui est le plus épuisant pour les interprètes débutants. Avec le temps, on s'habitue, mais au début, c'est très dur. »

La concentration extr?me qu?exige le m?tier d?interpr?te explique que ceux-ci travaillent en ?quipe de deux ou trois et qu?ils se relaient au microphone toutes les demi-heures ou toutes les heures selon le cas.

La curiosité est en quelque sorte le ressort de ce métier. « On parle de tout, donc on doit s'intéresser à tout », poursuit Wilfred. « C'est ce qui fait l'intérêt de l'interprétation. » Il souligne également que la préparation est essentielle si l'on veut réussir dans ce métier. « Avant une conférence, il faut savoir pourquoi les gens se rencontrent, quels sont les enjeux. » En outre, Wilfred précise que l'interprète doit connaître le vocabulaire particulier qui sera utilisé.

À titre d'interprète à l'Assemblée législative du Nouveau-Brunswick, Wilfred Alliston a été un témoin privilégié de l'évolution politique des trente dernières années. Il estime que la Loi sur les langues officielles du Nouveau-Brunswick et d'autres mesures ont permis à la communauté francophone du Nouveau-Brunswick de faire un grand pas en avant. « Avant ces mesures, le français était là, mais davantage comme une langue privée. Les gens parlaient le français entre eux, mais, en public, on parlait l'anglais. Ce [le français] n'était pas une langue publique, ou très peu. Et tout cela a changé de façon importante », affirme-t-il. L'interprète donne comme exemple une conférence récente d'une importante association néo-brunswickoise au cours de laquelle un des conférenciers s'est exprimé presque uniquement en français. « C'est le genre de chose qui n'aurait pas pu se passer il y a quarante ans. Il y a eu toute une transformation des mentalités et l'interprétation simultanée y est pour beaucoup », conclut Wilfred Alliston.