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Misons sur l'immersion!

Sylvie Roy
Faculté d'éducation
Université de Calgary

2010-04-19

Ce texte est un résumé d'un article écrit par la professeure Sylvie Roy de la Faculté d'éducation de l'Université de Calgary dans le Journal de l'immersion publié par l'Association canadienne des professeurs d'immersion. Vous pouvez lire l'article intégral dans le Journal de l'immersion, automne-hiver 2007 (version PDF, approx. 3.49 Mo) (Aide sur les formats de fichier) (www) , disponible sur le site Web de l'Association.

L'immersion française demeure la meilleure façon d'apprendre le français pour les anglophones ou les allophones qui habitent à l'extérieur du Québec. Cet article examine l'importance de miser davantage sur l'immersion, encore plus que nous l'avons fait par le passé. Les enseignants doivent enseigner (et parler!) en français et les élèves doivent parler (pas juste écouter!) en français. De plus, Lyster (2007) a démontré l'importance de réaliser un juste équilibre entre l'enseignement de la langue et celui des matières scolaires.

Voici d'autres pistes de réflexions :

1)  Il faut avoir des écoles d'immersion où tout se fait en français et où la communauté de l'école est fière de son français; pas du français des autres, des Québécois, des Français, mais du français que l'on apprend en étant ensemble dans un milieu scolaire, à l'intérieur d'une communauté bilingue. Les élèves pourront acquérir des compétences élevées en français si l'on mise sur le français! De la maternelle à la douzième année, ces jeunes sont capables de relever le défi!

2)  Il faut continuer à offrir aux élèves des occasions authentiques de parler et d'interagir en français dans leur salle de classe et à l'extérieur de l'école.

3)  Il faut que le personnel enseignant soit fier d'enseigner en immersion française, qu'il soit équipé pour le faire et qu'il connaisse les théories d'apprentissage d'une langue seconde ou d'une langue additionnelle. Il doit également connaître et mettre en pratique une pédagogie propre à ce milieu. Il est important que les enseignants parlent français et amènent les enfants à faire de même. C'est en s'exerçant que l'on devient meilleur.

4)  Il faut que le français soit « attaqué sur tous les fronts » (Csorba, 2007), c'est-à-dire que l'on mise sur l'enseignement de toutes les composantes de la langue ou que l'enseignement du contenu vienne contrebalancer celui de la forme (Lyster, 2007). On mise sur la lecture, l'écriture et la compréhension orale et l'on oublie trop souvent l'expression orale comme processus d'apprentissage.

5)  Les élèves d'immersion ne parleront peut-être pas français comme des locuteurs natifs, ils n'agiront peut-être pas comme des locuteurs natifs, mais ils acquerront des habiletés importantes pour leur développement intellectuel, culturel et social. Si nous avons une vision positive du bilinguisme et du multilinguisme, c'est-à-dire si le but visé n'est pas que nos élèves parlent comme des locuteurs natifs (ils pourront toujours atteindre ce niveau s'ils le veulent), mais qu'ils sachent utiliser et mettre à profit les avantages que leur procurent leurs connaissances de deux ou de plusieurs langues, plus de gens feront partie du Canada bilingue et multilingue. Plus de jeunes pourront se dire bilingues au Canada, sans avoir toujours peur de ne pas bien parler français!

Dans cette ère de mondialisation, de plus en plus d'élèves d'immersion veulent apprendre et utiliser leur français pour accéder au marché mondial. Ne décourageons pas des jeunes qui pourraient contribuer au Canada bilingue et multilingue d'aujourd'hui. Afin d'enrichir la dualité linguistique canadienne, misons sur l'immersion.