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Intervenir en construction identitaire francophone : des retombées réelles!

Association canadienne d'éducation de langue française (ACELF)

2013-06-03

Au Canada, et plus principalement dans les communautés francophones du pays, le travail de l'Association canadienne d'éducation de langue française (ACELF) en construction identitaire est bien connu. En offrant des outils et des programmes parfaitement adaptés à la réalité de l'éducation dans un contexte francophone minoritaire, l'ACELF vient directement en aide au personnel enseignant et de direction d'école de langue française dans leur double mandat : celui d'enseigner les matières scolaires tout en fournissant à l'élève des occasions de se forger une identité francophone.

La construction identitaire : un processus personnel

La construction identitaire est un processus dynamique, évolutif et tout à fait personnel. Si l'individu est influencé par les milieux dans lesquels il évolue (famille, école, communauté, groupe d'amis), c'est lui qui demeure l'artisan de son cheminement identitaire. Et s'il peut paraître difficile, à première vue, de mesurer les impacts concrets des actions entreprises en construction identitaire auprès des jeunes, ils sont pourtant bien réels, dans le cœur et dans l'esprit des élèves et des éducateurs concernés.

La prise de conscience

Pour plusieurs, l'intervention en construction identitaire favorise une réelle prise de conscience, comme en témoigne Allex Laurin, Franco-Ontarien, qui a accompagné sa mère à Québec alors qu'elle participait aux Stages de perfectionnement de l'ACELF il y a quelques années : « Ça a été une révélation pour moi. C'était la première fois que je me retrouvais dans un endroit où tout se passait en français, où je pouvais commander dans ma langue au restaurant et où je devais parler en français. J'avais alors 8 ou 9 ans, et je m'en souviendrai toujours. » Si cette expérience a permis à Allex de constater que le français était une langue bien vivante, cela lui a aussi fait réaliser à quel point il était fier de la parler…

Pour Donna Vigneux, enseignante de 8e année à l'école Monseigneur-Augustin-Caron de LaSalle, en Ontario, la prise de conscience est aussi l'un des premiers effets qu'elle remarque dans le cadre d'interventions en construction identitaire. « Mon but comme enseignante a toujours été d'amener les jeunes à s'approprier leur culture francophone, explique-t-elle. Avec l'ACELF, je suis capable d'aller plus loin, et quand j'ai vu passer le projet de réaliser un échange francophone, j'ai sauté sur l'occasion! » En 2011-2012, les élèves de Mme Vigneux participaient donc à un échange francophone organisé par l'ACELF avec une école de Tête-à-la-Baleine, en Basse-Côte-Nord, au Québec.

« J'ai vu mes élèves heureux de découvrir un environnement où l'on parle français partout. Ils étaient surpris que cela puisse être possible! Et plusieurs ont alors compris que la francophonie était beaucoup plus grande que leur maison ou leur école… et ça a eu l'effet de les "accrocher" à leur langue », confirme-t-elle. Plusieurs élèves de Mme Vigneux ont alors réalisé qu'ils partageaient avec leurs amis du Québec la même langue, mais aussi les mêmes goûts pour la musique, la nourriture, et qu'ils partageaient une identité commune. « Mes élèves ont compris qu'ils pouvaient réellement s'approprier leur français, que c'était leur culture à eux aussi. »

De la prise de conscience à l'action

Depuis son séjour à Québec, Allex Laurin a toujours choisi de poursuivre ses études en français. « Cette expérience m'a vraiment donné le goût de m'améliorer en français et de m'engager davantage dans les activités francophones de mon école et de ma communauté. Ces engagements m'ont permis de rencontrer des personnes tellement extraordinaires! Et je sens maintenant que plusieurs opportunités s'ouvrent à moi », ajoute celui qui offre maintenant ses talents en design graphique à la Fédération canadienne des directions d'écoles francophones.

Dans les écoles de la Commission scolaire des Hauts-Bois-de-l'Outaouais, dans la région du Pontiac, au Québec, un projet pilote en construction identitaire a vu le jour en 2010. « Pendant les deux premières années du projet, explique Michel Labine, enseignant de 5e année à l'école Poupore de Fort-Coulonge, nous avons surtout pris conscience de la réalité francophone des élèves de nos écoles, des particularités de notre région, notamment en raison de sa proximité avec l'Ontario, et des difficultés que cela peut occasionner chez nos élèves. Mais cette année, nous sommes passés à l'action! »

Michel Labine et d'autres membres du personnel de son école ont ainsi mis en place un projet unique de « Palmarès de chansons francophones » impliquant tous les élèves de l'école. D'une durée de 25 semaines, le projet connaîtra bientôt son dénouement avec la remise d'un disque (très attendu!) aux élèves de l'école. « Au fil des semaines, les jeunes avaient de plus en plus hâte de découvrir les chansons. Plusieurs ont même acheté des disques francophones pour Noël, déclare l'enseignant passionné de musique. J'ai aussi remarqué que plusieurs d'entre eux utilisaient du vocabulaire étudié dans les chansons. Pour nous, c'est un grand pas. Les jeunes acceptent de nous suivre dans cette aventure, c'est merveilleux. »

Dans la classe de Donna Vigneux, en Ontario, la prise de conscience de sa réalité francophone a amené un jeune élève à agir différemment. « Cet élève s'était inscrit dans une école secondaire anglophone pour jouer au football, se souvient l'enseignante. Après l'échange, il a révisé son choix pour s'inscrire finalement à l'école francophone. Un choix qui le rend très heureux aujourd'hui… d'autant plus que l'école possède maintenant sa propre équipe de football! »

Des interventions pour motiver

Intervenir en construction identitaire ne suppose pas de mettre en place une série d'exercices qui garantiraient en bout de ligne la francité de la personne. Être francophone est une décision que le jeune doit prendre lui-même, jour après jour. L'intervenant ne peut donc l'y contraindre… il ne peut que le motiver, par des actions soutenues et respectueuses de sa personnalité. Petit à petit, l'intervention fait son chemin dans le cœur de l'élève. Et pour plusieurs, il s'agit d'un véritable point de départ dans l'affirmation de leur identité francophone.