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La francophonie canadienne et l'immersion française

Philippe LeDorze
Association canadienne des professeurs d'immersion

2012-05-22

Tout enseignant qui œuvre dans le domaine de l'immersion en français contribue à mettre en valeur la francophonie canadienne. Comment réalise‑t‑on cela dans les régions où les francophones sont peu nombreux, voire absents? Eh bien, on le fait d'abord en enseignant la langue, mais aussi en faisant découvrir aux apprenants les francophones du pays au moyen de technologies modernes, telles que YouTube et Skype. On y contribue aussi en enseignant la culture des fondateurs du Canada et en incitant les apprenants à découvrir le Québec, le Nouveau‑Brunswick, le Manitoba et même les pays francophones africains et européens. La francophonie ne se limite pas à la classe.

Nous savons qu'apprendre une autre langue n'est possible qu'en faisant une large place à la culture. La Politique curriculaire du programme d'immersion française du Manitoba indique ce qui suit : « Il est très difficile de séparer, dans l'acquisition d'une langue, la dimension langagière de son volet culture. L'élève en immersion est donc sensibilisé à la vie culturelle francophone, d'ici et d'ailleurs, ainsi qu'aux pratiques culturelles en usage dans la francophonie.Aller à la note 1 » Certains apprenants le font remarquer aussi, comme cette ancienne étudiante en immersion : « Le français, c'est plus que la grammaire à l'école... C'est aussi la culture, la littérature et beaucoup de choses. On n'apprend pas assez cette culture à l'école, c'est peut‑être pour cela que les élèves ne veulent pas toujours continuer.Aller à la note 2 »

Dans le programme d'études, on mentionne aussi l'importance de la culture dans le résultat d'apprentissage général qu'on appelle la valorisation. Celle‑ci est définie comme suit : « Capacité de manifester une attitude positive envers la langue française et les cultures francophones, et de valoriser l'apprentissage du français comme outil de développement personnel, intellectuel et social.Aller à la note 3 » Cela signifie avoir du plaisir à utiliser la langue française à l'oral et à l'écrit, apprécier les produits culturels tels les films, la musique, les revues, la télévision et les livres en français, et même chercher à prendre contact avec des locuteurs natifs.

« C'est seulement quand j'ai vécu au Québec que j'ai apprécié l'importance d'avoir une deuxième langue. Les jeunes ne comprennent pas le privilège qu'ils ont dans une éducation française – et ça, c'est dommage.Aller à la note 4 »

« Ça serait une bonne idée d'intéresser les étudiants à la culture française pour augmenter l'intérêt pour les études.Aller à la note 5 »

La question qui tue : êtes‑vous un francophone professionnel? Nous le sommes tous dans une certaine mesure, c'est indéniable. Mais il ne faudrait pas se limiter à cette appellation mercantile. Nous, les enseignants travaillant en immersion, sommes beaucoup plus que cela! Nous faisons rayonner l'amour du français dans nos écoles du matin au soir. Nous encourageons nos élèves à réfléchir à la place du français à l'école. Notre identité comme enseignants francophiles est reconnue par tous les apprenants. Nous amenons les jeunes à prendre conscience de leur identité émergente de jeunes Canadiens locuteurs des langues officielles du pays. Dans notre classe, nous faisons honneur à l'effort, nous avons du plaisir et nous en sommes fiers! Nous ne ratons jamais une occasion de faire parler nos élèves en français. En immersion, nous sommes tenants de la philosophie « Tout ce qui mérite d'être fait mérite d'être fait en français ».

Ouvrons-nous à la francophonie. Entrons dans ce monde et invitons nos élèves et étudiants à venir y faire un tour!

Notes