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Le DELF, qu'est-ce que c'est?

Association canadienne des professeurs d'immersion

Le DELF (diplôme d'études en langue française) est le diplôme officiel décerné par le ministère de l'Éducation nationale en France. Il est reconnu dans le monde entier et est valide à vie. Plus de 300 000 diplômes sont décernés chaque année; plus de 3000 Canadiens en ont reçu un en 2010 (contre 81 en 2005). Le DELF est reconnu dans 165 pays et est offert dans 965 établissements accrédités dans le monde, dont 19 se trouvent au Canada. Comme il s'agit d'un diplôme officiel en français langue seconde, le DELF certifie les capacités des élèves en situation réelle. L'évaluation se fonde sur les six niveaux du Cadre européen commun de référence pour les langues (CECR), document produit par le Conseil de l'Europe à la suite de douze années de recherche. Le CECR comprend entre autres une série de descripteurs de compétences langagières pertinentes pour toutes les langues. Ces descripteurs peuvent jouer le rôle d'objectifs précis lors de l'apprentissage d'une langue. Le CECR est aujourd'hui devenu une référence reconnue à l'international pour l'établissement des normes de compétences langagières.

Voici les six niveaux du CECR :

A - Utilisateur élémentaire

  • A1 - niveau Découverte
  • A2 - niveau Intermédiaire

B - Utilisateur indépendant

  • B1 - niveau Seuil
  • B2 - niveau Indépendant

C - Utilisateur expérimenté

  • C1 - niveau Autonome
  • C2 - niveau Maîtrise

À chaque niveau, quatre compétences linguistiques sont évaluées : la compréhension écrite, la compréhension orale, la production écrite et la production orale. Il existe six diplômes distincts correspondant aux niveaux du CECR. Ils sont adaptés à tous les âges et à tous les publics. Les sujets d'examen englobent un grand nombre de situations représentatives de la diversité linguistique et culturelle du monde entier. Il n'est pas nécessaire de passer les examens de tous les niveaux ou même de les passer selon l'ordre établi. Les élèves peuvent choisir le niveau d'examen qui correspond le plus étroitement à leurs compétences langagières. Les examens du DELF sont seulement offerts dans les établissements accrédités, lesquels suivent une procédure particulière en matière de sécurité. Les examinateurs et correcteurs sont formés par des formateurs autorisés et sont évalués à la fin de leur formation afin d'assurer une correction homogène à l'échelle mondiale.

Pourquoi passer un examen du DELF?

Aujourd'hui, le français est une langue officielle dans près de 50 pays, dont le Canada. Il est parlé par plus de 200 millions de personnes sur les cinq continents. Il est aussi une langue officielle des Nations Unies, de la Croix-Rouge et de nombreux autres organismes internationaux.

Le DELF :

  • est une reconnaissance internationale des compétences en français;
  • est valide à vie, que l'élève l'ait obtenu dans son pays ou à l'extérieur de son pays;
  • se fonde sur les mêmes normes internationales dans 164 pays (CECR);
  • facilite le dialogue entre les provinces et les territoires du Canada;
  • est un témoignage du succès de l'élève dans l'apprentissage du français :
    il atteste ses compétences en français;
  • est un document officiel, reconnu à l'international, qui enrichit le parcours scolaire ou professionnel de l'élève;
  • offre des avantages au niveau des études postsecondaires : il est reconnu par des établissements postsecondaires francophones de partout dans le monde; au Canada, les établissements qui le reconnaissent sont de plus en plus nombreux;
  • est accepté dans les universités en France (B2 et niveaux supérieurs);
  • est un élément pertinent dans un curriculum vitae : il décrit clairement les compétences de l'élève en français;
  • ouvre la porte à tout un éventail de possibilités de carrières et de loisirs partout au Canada et dans le monde;
  • facilite l'avancement professionnel.

Est-ce que le contexte français des examens du DELF (référents culturels, niveau de langue élevé, débit rapide, accent français européen, choix de thèmes (vacances, train, euros, etc.) peut placer nos élèves dans une situation désavantageuse?

De prime abord, on pourrait croire que oui, mais depuis quelques années, nous observons que nos élèves se débrouillent très bien. En règle générale, le contexte leur permet d'accomplir les tâches sans être désavantagés. De plus, le Centre international d'études pédagogiques (CIEP), l'organisme attitré par le Ministère de l'éducation publique français pour produire les examens du DELF, fait des efforts importants afin de préparer des textes et des activités qui ont une portée mondiale et qui s'adaptent à tous les pays de la Francophonie. Lorsque nous préparons les élèves à ces examens, nous leur donnons la chance extraordinaire d'en apprendre plus à propos de la culture des diverses communautés francophones dans le monde.

Est-ce qu'il y a risque de créer de la confusion chez nos enseignants au sujet de la pédagogie?

Le CECR est un outil flexible basé sur l'approche actionnelle qui permet aux enseignants de créer des activités pédagogiques ciblées qui contribuent à mieux développer les compétences linguistiques de nos élèves.

Y a-t-il un temps limité pour accomplir les tâches des examens du DELF? Cela risque-t-il de provoquer du stress chez nos élèves?

Les examens du DELF se font à l'échelle nationale. Il est donc nécessaire que les heures de début et de fin des examens respectent les multiples fuseaux horaires dans le pays. La durée d'un examen varie en fonction du niveau de compétence de l'élève. De plus, comme dans tout bon outil d'évaluation, il est possible de faire des ajustements pour les élèves ayant un problème d'apprentissage diagnostiqué.

Est-ce qu'il y a des questions pièges dans les examens du DELF?

Cette pratique est de plus en plus critiquée en éducation. Les examens du DELF ont été préparés de façon à respecter les élèves et à pouvoir déterminer leur véritable niveau de compétence. Donc, rien n'est truqué!

Est-ce que les examens exigent des connaissances que nos élèves n'ont pas?

Le CIEP propose des textes authentiques et d'intérêt général qui correspondent aux connaissances générales des élèves de partout dans le monde. De plus, les examens visent à valider des habiletés linguistiques très précises et non à vérifier des connaissances.

Est-ce que le DELF est avant tout un test de mémorisation?

Au contraire, les examens permettent d'évaluer la compréhension orale et écrite. Tous les textes utilisés lors des examens sont authentiques et sont tirés de situations réelles.

Les élèves ont-ils droit à des périodes de préécoute, de prélecture et de préécriture?

Dans le contexte du DELF, les élèves doivent avant tout démontrer leurs compétences. Il s'agit de voir l'apprenant en action plutôt qu'en mode de préparation ou de planification. Des critères comme l'étendue du lexique et la spontanéité deviennent importants et correspondent à des niveaux de compétence selon les grilles d'évaluation du CECR. Selon leur niveau, les élèves ont la possibilité d'entendre les textes oraux à deux reprises. De plus, lors de l'examen portant sur la production orale en interaction, les élèves bénéficient d'un temps de préparation, comme ce serait le cas pour une entrevue d'emploi. Enfin, le temps alloué pour la démonstration de chacune des compétences langagières est amplement suffisant pour préparer les productions et faire des révisions.

Les élèves ont-il le droit d'utiliser des outils comme un dictionnaire, une grammaire et le Bescherelle pour les épreuves de production écrite?

Lorsqu'on prépare les élèves en classe bien avant l'épreuve, il est important de leur permettre d'utiliser tous les outils disponibles afin qu'ils obtiennent le plus de rétroaction possible. Toutefois, lors des examens du DELF, les élèves doivent démontrer des compétences précises. Par exemple, l'une des exigences en production écrite au niveau B2 consiste à rédiger un texte de 250 mots dans lequel on doit démontrer sa capacité à illustrer une pensée concise, sans outils.

Quelle est la note de passage?

La note de passage requise pour la réussite du diplôme est de 50 %. Il est toutefois important de comprendre que les élèves doivent atteindre un seuil de réussite dans les quatre compétences évaluées. Si un élève se voyait allouer une note inférieure à 5/25 pour l'une des compétences, il n'obtiendrait pas son diplôme. Pour bien comprendre la progression d'un niveau à l'autre, il faut considérer chaque niveau comme une zone d'évolution de l'apprentissage de la langue. Par exemple, un élève qui aurait 55 % au niveau B1 aura probablement besoin de trois années supplémentaires pour réussir un niveau B2, mais celui qui aurait 90 % au B1 pourra sans doute obtenir son niveau B2 dans un délai beaucoup plus court. Si un élève ne se présente pas à une partie de l'examen, il échouera.

Est-ce qu'il y a des liens entre l'examen du DELF et nos programmes d'études?

Plusieurs provinces ont harmonisé leurs programmes d'étude et d'encadrement avec les descripteurs du CECR. Dans d'autres provinces, le ministère de l'Éducation donne de la latitude aux conseils scolaires pour ce qui est du CECR et du DELF.

  • La Colombie-Britannique propose pour toutes les langues secondes une approche très détaillée de l'apprentissage selon les niveaux du CECR.
  • Les quatre provinces atlantiques en sont aussi à revoir leurs divers programmes afin qu'ils s'harmonisent de façon logique avec les principes du CECR.
  • En Ontario, de nouveaux cadres de référence sont en révision et, selon les ébauches, on a déployé des efforts marqués pour que ceux-ci s'harmonisent parfaitement avec le CECR.
  • En Alberta, des initiatives d'envergure ont été mises en œuvre à Edmonton, à Calgary et à Grande Prairie, ce qui a permis à la province de faire figure de pionnière au Canada en ce qui a trait au CECR.

Pour de plus amples informations, veuillez communiquer avec Chantal Bourbonnais à cbourbonnais@acpi.ca.