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Le DELF au Canada : perception des parties intéressées

Larry Vandergrift, Ph. D.
pour l'Association canadienne des professeurs d'immersion

2013-04-29

Devant l'intérêt croissant que suscite le Diplôme d'études en langue française (DELF) au Canada, l'ACPI a demandé à Larry Vandergrift, Ph. D., de faire une étude sur les perceptions des parties intéressées au Canada. Voici un résumé des résultats de cette étude. Vous trouverez la version intégrale de l'étude sur le site Web de l'ACPI.

Le Diplôme d'études en langue française (DELF) a récemment attiré l'attention au Canada pour son potentiel comme test national de compétence en langue française. Il y a eu beaucoup d'indications anecdotiques des avantages du DELF, mais il existe très peu de données empiriques sur la présumée valeur incitative et les avantages réels de ce test; de plus, il n'existe aucune enquête sur les éventuels obstacles à la participation et à la réussite des élèves canadiens.

Cette étude documente l'état actuel des choses en ce qui concerne le DELF scolaire au Canada. Elle a été réalisée de la façon suivante :

  1. en recueillant de l'information sur les expériences liées au DELF auprès d'élèves, d'enseignants et de parents de plusieurs autorités scolaires partout au Canada;
  2. en cherchant à cerner les positions de principe prises par des départements de français d'universités, par des universités et facultés de langue française et par des ministères de l'Éducation au Canada en ce qui concerne le DELF;
  3. en examinant les implications de ces résultats pour l'évaluation de la compétence en français langue seconde (FLS) au Canada.

Perceptions des élèves

Un pourcentage élevé des élèves sondés :

  1. juge que le DELF est une mesure juste ou très juste de la compétence en FLS (plus de 94 %);
  2. déclare que l'examen a soit un certain impact, soit un impact important sur leur attitude face à l'apprentissage du français (plus de 74 %);
  3. recommande l'examen du DELF à d'autres élèves (plus de 93 %). Dans leurs commentaires, les élèves mentionnent notamment les motivations intrinsèques habituelles telles que les perspectives d'emploi futur, les voyages et les récompenses auxquels la certification DELF pourrait leur donner accès. Les commentaires mettent également en évidence des motivations telles que le défi personnel et l'affirmation de leur compétence en FLS mesurée par rapport à un outil de référence externe. Les élèves ont également pu donner un aperçu de quelques-uns des défis du DELF. Dans l'ensemble, ils ont jugé moins difficiles les tâches de lecture et d'écriture. Ils ont considéré les tâches d'écoute comme étant les plus difficiles. On leur a demandé dans quelle mesure les activités d'apprentissage en classe ressemblaient à des tâches du DELF, et les élèves ont évalué la lecture et l'écriture comme étant les plus semblables et l'écoute comme étant la moins semblable. Environ la moitié des répondants ont noté de l'interférence culturelle; parmi ceux-là, une grande majorité a qualifié cette interférence de minimale. Les élèves ont identifié de nombreuses stratégies pour surmonter toute référence culturelle inconnue.

Perceptions des enseignants

Tout comme chez les élèves, un pourcentage très élevé des enseignants sondés (plus de 93 %) juge que le DELF est un outil juste et approprié pour mesurer la compétence en langue française. Les enseignants considèrent qu'une certification DELF est utile pour l'avenir et recommanderaient le DELF à leurs élèves. De plus, ils ont mis en lumière certains défis. Ils ont évalué les tâches d'écoute du DELF comme étant les plus difficiles, par comparaison avec les tâches associées aux autres compétences qui étaient selon eux à peu près égales en difficulté. En ce qui concerne les références culturelles, un pourcentage plus élevé des enseignants (par rapport aux élèves) a indiqué que ces références peuvent avoir nui quelque peu à la réussite des élèves. Dans l'ensemble, les enseignants jugent que leurs activités en salle de classe ressemblent aux tâches du DELF. Seules les activités de compréhension orale ont été classées comme étant particulièrement dissemblables.

Perceptions des parents

Une majorité écrasante de 94,5 % des parents sondés a recommandé le DELF et de nombreux parents ont expliqué leur réponse en ajoutant des commentaires écrits. Les commentaires des parents sont semblables à ceux des enseignants et des élèves. Ils soulignent les nombreux avantages d'un test ou d'un diplôme internationalement reconnu. Certains parents ont dit avoir besoin de plus d'information. L'exploration des points de vue des parents sur le coût du DELF et sur la relation entre le DELF et l'examen provincial constituait un élément important du questionnaire des parents. Sur ces deux points, les opinions semblent variables. De toute évidence, les parents ont besoin de plus d'information à ce sujet avant de pouvoir émettre une opinion plus éclairée.

Perceptions des universités

L'information fournie par les universitaires sondés a montré que les universités commencent à peine à prendre conscience de l'existence du DELF (et de celle du Cadre européen commun de référence pour les langues [CECR]) et qu'elles ont besoin de plus d'information sur ces deux outils de même que sur la façon de répondre adéquatement aux étudiants qui arrivent à l'université avec une certification DELF en poche.

Perceptions des ministères de l'Éducation

Les réponses des représentants des ministères de l'Éducation des provinces et territoires qui ont rempli le questionnaire indiquent un fossé entre ceux qui ont adopté une attitude positive face au DELF et ceux qui restent sceptiques ou réticents. Le premier groupe a décidé de travailler avec le DELF pour certifier la compétence des élèves en FLS au moyen d'un outil de référence internationalement reconnu, alors que le dernier groupe s'attache surtout à assurer l'atteinte des résultats d'apprentissage provinciaux en FLS.

Conclusion

Les résultats de cette étude suggèrent que le DELF est très prometteur en tant que mesure appropriée de la compétence en FLS; il faudra toutefois éliminer certains obstacles pour que ce potentiel puisse se réaliser. Le rapport conclut en présentant des recommandations visant à accroître l'utilisation du DELF comme test national de compétence en langue française au Canada.