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Onze langues officielles et un vaste territoire : Le défi linguistique du
NWT Literacy Council

Marie-Claire Pître
Base de données en alphabétisation des adultes

[La BDAA a changé de nom pour Copian le 30 septembre 2013.]

2013-02-25

Le Nord canadien est le berceau des Inuits, des Dénés et des Métis. Dans les Territoires du Nord‑Ouest (T.N.‑O.), les gens vivent non seulement dans un milieu où les hivers sont longs et froids, mais aussi dans un endroit où les langues et les dialectes sont multiples.

À Yellowknife, capitale de ce grand territoire qui s'étend entre le Yukon et le Nunavut, le Northwest Territories Literacy Council (NWTLC) est un organisme voué à la promotion et au soutien de l'alphabétisme et des compétences essentielles. Son mandat porte sur les onze langues officielles des T.N.‑O.

Helen Balanoff dirige cet organisme et elle connaît bien la région. Elle y est arrivée au début des années 1970 en tant qu'enseignante. Elle a d'abord habité à Cambridge Bay puis a déménagé à Yellowknife. Elle a ensuite été haute fonctionnaire au ministère de l'Éducation des T.N.‑O. Durant les années 1990, elle est allée enseigner en Chine durant six ans. Depuis son retour à Yellowknife en 2001, Helen travaille au NWT Literacy Council, qui compte six employés.

Cette équipe relève un grand défi, car elle a pour mandat de desservir les 11 langues officielles des T.N.‑O., soit :

  1. l'anglais
  2. le français
  3. l'inuktitut (langue inuite)
  4. l'inuvialuktun (langue inuite)
  5. l'inuinnaqtun (langue inuite)
  6. le gwich'in (langue dénée)
  7. le north slavey (langue dénée)
  8. le south slavey (langue dénée)
  9. le tlicho (langue dénée)
  10. le chipewyan (langue dénée)
  11. le cri (langue algonquienne)

De ces langues découlent une variété de dialectes tel le michif, la langue des Métis, qui n'est pas une langue officielle. Comme l'explique Helen, il y a des points communs entre les langues inuites et dénées. Les gens qui partagent la même famille linguistique peuvent généralement se comprendre entre eux. De nos jours, à part les aînés, la plupart des gens parlent en anglais.

« Notre mandat est immense et pour le réaliser, nous avons besoin de beaucoup plus d'argent que nous en recevons, affirme‑t‑elle. Notre territoire est vaste. Saviez‑vous qu'il constitue la troisième plus grande entité du Canada après le Nunavut et le Québec? »

La production de ressources

Produire du matériel dans toutes ces langues est difficile, car les gens ne s'entendent pas sur les traductions ni sur la standardisation des langues. Au fil des ans, il y a eu des tentatives pour standardiser les langues amérindiennes. Mais, comme l'explique Helen Balanof, « changer l'orthographe des mots amérindiens n'est pas simple du tout. Les gens s'attachent à ce qui leur est familier. Dans les écoles, on apprend aux enfants la nouvelle orthographe inuinnaqtun et inuvialuktun. Les spécialistes de ces langues sont les aînés. Ils connaissent l'ancienne forme et continuent de l'utiliser dans la communauté. De plus, un grand nombre de Dénés ne sont pas capables de lire ou d'écrire leur propre langue », précise‑t‑elle.

Comment arriver à produire du matériel dans autant de langues?

« Nous n'avons pas le choix, explique la directrice, nous devons être sélectifs. » L'équipe fait régulièrement des sommaires des documents qu'elle produit. Ces sommaires, d'une ou deux pages, sont publiés dans toutes les langues. Elle sélectionne également du matériel qui est populaire et qui touche les gens dans leur quotidien : « Par exemple, nous avons produit des schémas de croissance pour les enfants. Les gens peuvent les coller sur leurs murs. Ils peuvent ainsi voir les mots écrits dans leur langue tous les jours, affirme Helen. Le coût de production est un autre facteur à considérer. Il y a quelques années, poursuit Helen, nous avons produit des annonces communautaires pour la télévision. Ce fut dispendieux et long. Nous en avons produit quatre par année et ça nous a pris trois ans pour couvrir toutes les langues officielles des T.N.‑O.».

Cet organisme produit également des ressources en français. En 2011, il a produit un recueil de comptines et de chansons intitulé : 1‑2‑3 Chante avec moi. Cette année, il a produit deux ressources en français pour la Journée de l'alphabétisation familiale : Idées pour la Journée de l'alphabétisation familiale! (version PDF, approx. 130 ko (Aide sur les formats de fichier) et Trucs en alphabétisation familiale pour les parents (version PDF, approx. 92 ko (Aide sur les formats de fichier).

Mars, mois des langues autochtones

Aux T.N.‑O., le mois de mars est celui des langues autochtones. L'organisme invite les gens à participer à un quiz sur les langues, à lire aux enfants des histoires sur des animaux tels les loups et les renards, à faire des jeux de ficelles, etc. « Nous faisons des efforts pour conserver les langues autochtones, explique Helen. En septembre 2012, la coordonnatrice de l'alphabétisation, Kathryn Barry Paddock, a visité la communauté de Tsiigehtchic afin de produire et de répertorier des vidéos de personnes qui chantent des chansons en langues autochtones à leurs enfants. »

Véritable feu roulant dans l'immensité du Nord canadien, le NWT Literacy Council fait preuve de dynamisme et de pertinence. La Base de données en alphabétisation des adultes compile chaque mois le nombre de téléchargements des documents de sa bibliothèque numérique et les ressources produites en anglais par le NWT Literacy Council figurent toujours sur le palmarès des 20 documents les plus téléchargés (www) Avis d'hyperliens français. Pour en savoir plus sur cet organisme, on peut consulter le site Web du Northwest Territories Literacy Council (www) Avis d'hyperliens français.