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« La diversité fait notre force », une nouvelle réalité en immersion en Colombie‑Britannique

Édith Guay
Association canadienne des professeurs d'immersion

2012-10-29

Après 30 ans d'immersion en Colombie‑Britannique, une nouvelle réalité se présente et nous force à examiner une fois de plus nos pratiques dans ce domaine : l'émergence des élèves allophones qui peuplent notre programme d'immersion. Cette nouvelle réalité est le reflet et la résultante du grand succès du programme d'immersion à l'échelle provinciale et nationale.

Dans notre école, dans le nord de la ville de Surrey en banlieue de Vancouver, nous remarquons une tendance grandissante chez les nouveaux arrivants qui s'inscrivent à notre programme d'immersion. La moitié de nos élèves de la maternelle et de la première année en immersion sont allophones. On se doit donc de réexaminer nos pratiques pour mieux répondre aux besoins de notre nouvelle clientèle d'élèves.

Nos familles allophones sont enthousiastes à l'idée d'embrasser leur nouvelle identité canadienne qui, pour eux, comprend nos deux langues officielles. À notre grande surprise, ils arrivent déjà informés sur nos programmes et ils sont fiers de pouvoir offrir cette richesse à leurs enfants.

Dans la salle de classe, les forces de notre programme d'immersion sont à l'honneur et aident nos jeunes allophones à bien s'intégrer au programme. Les stratégies de l'enseignement d'une deuxième langue favorisent chacun de nos élèves. La communication orale toujours accompagnée de supports visuels sécurise les apprenants dans leur nouvel apprentissage. L'accent mis sur l'oral, notamment l'utilisation de techniques spécifiques de répétition et de communication, facilite le développement des compétences orales de chaque enfant. D'ailleurs, nous remarquons que nos élèves allophones deviennent rapidement plus à l'aise oralement que certains des autres élèves. Le français est la langue qu'ils utilisent pour communiquer en classe.

Un nouveau défi émerge en ce qui concerne nos ressources pédagogiques, qui sont souvent d'origine nord‑américaine et issues du Québec. Les référents culturels qui relient si bien le vécu de nos enfants au vocabulaire enseigné, et qui soutiennent aussi l'apprentissage du français dans la salle de classe, sont bien différents pour nos élèves qui arrivent de l'Inde, des Philippines ou de la Corée. Nous devons donc enseigner plus attentivement les éléments de notre culture canadienne qui sont tout nouveaux pour eux et simultanément introduire du nouveau vocabulaire.

Le support de l'orthopédagogie comporte trois volets : le soutien en classe pour accompagner le développement des compétences langagières à l'oral et à l'écrit; la formation de petits groupes pour renforcer la phonétique et le rapport grapho‑phonétique; l'utilisation de la technologie (iPad) pour enrichir l'expérience orale et stimuler tant la créativité que la communication orale. Notre défi réside dans l'impossibilité de recourir aux tests standardisés pour dépister un trouble d'apprentissage ou autre. Pour cette raison, les enfants qui souffrent d'un trouble d'apprentissage reçoivent souvent un diagnostic tardif.

La communication avec les parents de nos élèves allophones est souvent un peu plus ardue. Les premières rencontres avec les élèves de la maternelle et leurs parents sont souvent un peu moins informatives. Il est généralement difficile de bien connaître l'enfant. À notre école, nous faisons maintenant appel à nos travailleurs multiculturels pour nous aider lors de ces premières rencontres si importantes pour la réussite scolaire de l'enfant.

Il est important pour nous que chaque famille continue de préserver sa propre identité culturelle dans son nouveau pays. Nous encourageons les parents à continuer à parler, lire et écrire dans leur langue d'origine avec leurs enfants à la maison, tout en discutant avec eux des moyens à prendre pour que l'assimilation à l'anglais se fasse aussi rapidement.

Notre école se veut un endroit où chaque famille se sent respectée et valorisée. C'est pourquoi nous célébrons chaque fête culturelle importante liée à notre diversité culturelle. Nous commençons l'année avec une semaine multiculturelle où chaque culture est à l'honneur. La devise de notre école est « La diversité est notre force ». Nous sommes bien fiers de cette richesse tant dans notre programme d'immersion que dans notre programme anglophone.

Édith Guay est directrice de l'école Simon Cunningham, à Surrey. Il s'agit d'une école en milieu défavorisé de 560 étudiants, dont 60 % parlent une langue autre que le français ou l'anglais à la maison.