Gouvernement du Canada
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D’un océan à l’autre : Le français au Canada

Katharine Snider McNair
Adjointe de direction
Musée canadien des langues

2015-10-19

Le Canada compte le plus grand nombre de francophones d’origine après la France. D’un océan à l’autre, le français façonne le paysage linguistique du pays depuis plus de quatre siècles. Un grand nombre d’anglophones parlent aussi français ou le lisent; certains le maîtrisent même aussi bien que l’anglais. Mais quand prend-on le temps de s’arrêter pour réfléchir au caractère unique et varié du français parlé au Canada?

Une dizaine de millions de francophones vivent actuellement un peu partout au Canada; on en trouve dans chaque province et dans chaque territoire. Deux principaux types de français sont parlés au pays : le français laurentien et le français acadien. Ayant pris naissance en Nouvelle-Écosse, le français acadien est aujourd’hui parlé dans l’ensemble des provinces maritimes, mais plus particulièrement au Nouveau-Brunswick. Le français cajun de la Louisiane tire d’ailleurs son origine du français acadien. Quant au français laurentien, il est principalement parlé au Québec, ayant pris naissance dans la vallée du Saint-Laurent pour ensuite gagner l’Ouest canadien. C’est justement dans l’Ouest canadien qu’est né le mitchif, une langue unique élaborée par les Métis qui consiste en un mélange de français et de cri. Aujourd’hui, on retrouve le mitchif dans de petites localités du Manitoba, de la Saskatchewan et de l’Alberta.

Le contact des langues se manifeste de bien des façons dans le français parlé au Canada. De nombreux mots français courants viennent d’une langue autochtone : le nom achigan vient de l’algonquin, le nom atoca, de l’iroquois. Le français canadien a aussi emprunté de nombreux mots à l’anglais. Ces emprunts ont souvent pris une extension de sens. Par exemple, le nom pinotte, qui vient de peanut, entre dans l’expression être rien que sur une pinotte, qui signifie « plein d’énergie ». De plus, depuis quelques décennies, le Canada accueille des immigrants francophones d’un peu partout dans le monde : Maroc, Algérie, Haïti, etc. Ces immigrants apportent avec eux leur français bien à eux, qui témoigne de leur histoire et de leur culture.

L’histoire de la langue française au Canada peut non seulement s’entendre dans notre manière de parler, mais aussi se voir dans notre façon de nous gouverner. En septembre dernier, la 7e Journée annuelle de la dualité linguistique a célébré les principes fondateurs de notre pays en tant que nation bilingue, ce que reflète le bilinguisme de sa fonction publique. Pouvoir être servi dans les deux langues officielles est une particularité importante du Canada. L’adoption de lois entraîne l’établissement de normes et le besoin d’organiser les façons dont nous communiquons entre nous. Il est donc essentiel que, dans les efforts déployés pour fournir aux citoyens de meilleurs services dans les deux langues officielles, nous tenions compte des variétés tout à fait uniques de français et d’anglais qu’ils parlent. Nous avons bon espoir qu’en informant les citoyens canadiens sur nos langues, nous puissions les intéresser davantage aux variétés de français parlées un peu partout au pays.

Le Musée canadien des langues a monté l’exposition itinérante « D’un océan à l’autre : le français au Canada ». L’exposition vise à instruire les gens sur l’histoire et les particularités des variétés de français parlées au Canada. Découvrez cette exposition et d’autres expositions itinérantes en visitant le site Web du Musée canadien des langues. Pour découvrir bien d’autres choses encore sur la langue française, visitez le site Web Le français à la mesure d’un continent, projet d’un de nos partenaires.