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L’importance d’un musée des langues au Canada

Katharine Snider McNair
Adjointe de direction
Musée canadien des langues

2015-08-10

La plupart des gens savent reconnaître un bien patrimonial dès qu’ils en voient un. Nous considérons un grand nombre de nos vieux édifices comme d’importants monuments historiques qui embellissent le paysage urbain. Nous allons dans les musées pour voir des objets issus des civilisations d’ici et d’ailleurs, modernes ou anciennes. Nous achetons des rééditions de vieux romans reproduisant leur couverture d’origine. Mais l’histoire ne se transmet pas que par les édifices, les objets et les livres. Il y a aussi le patrimoine immatériel.

« Le patrimoine culturel ne s’arrête pas aux monuments et aux collections d’objets », peut-on lire sur le site Web de l’UNESCO. Le patrimoine culturel immatériel « comprend également les traditions ou les expressions vivantes héritées de nos ancêtres et transmises à nos descendants ». Cette très large définition englobe les nombreuses et fascinantes actions sociales de l’être humain, dont le langage et les moyens par lesquels nous communiquons les uns avec les autres.

L’existence du Musée canadien des langues s’inscrit dans les efforts croissants déployés aux quatre coins de la planète dans le but de préserver et de célébrer les langues, ainsi que de sensibiliser la population à leur sujet. Alors que la plupart des institutions se concentrent sur une seule langue ou dialecte, nous avons, au Musée canadien des langues, entrepris de promouvoir l’importance de toutes les langues parlées au Canada. Peu de pays peuvent se targuer d’avoir un patrimoine linguistique aussi riche et varié que celui du Canada, qui comprend les multiples langues autochtones parlées d’un océan à l’autre, deux langues officielles, le français et l’anglais, avec leurs variantes régionales, ainsi que les nombreuses langues introduites au pays par les immigrants. Le Musée canadien des langues encourage le dialogue sur les questions linguistiques au cœur de l’avenir de la société canadienne, comme le bilinguisme, le plurilinguisme, la précarité des langues ainsi que leur préservation et leur revitalisation.

Et comment remplissons-nous cette mission? Jusqu’ici, nous avons monté quatre expositions itinérantes sur l’anglais canadien, la langue inuite, le français au Canada et la langue crie. Ces expositions ont été produites en collaboration avec des conseillers experts, des membres des communautés ainsi que des étudiants à la maîtrise en muséologie de l’Université de Toronto. Heureusement, le patrimoine immatériel et les langues suscitent actuellement beaucoup d’intérêt, et nos expositions ont été présentées dans des écoles, des musées, des bibliothèques et des hôpitaux partout au Canada. Nous tenons également un blogue dont l’objectif est d’intéresser le grand public aux recherches des linguistes du milieu universitaire.

Selon la Alliance for Linguistic Diversity (Alliance pour la diversité linguistique), le Canada compte 75 langues en péril (site en anglais seulement). En fait, d’après un reportage de CTV (en anglais seulement), le Canada arriverait au cinquième rang mondial pour le nombre de langues en danger. Ces chiffres préoccupants témoignent de l’urgence de sensibiliser la population à la grande variété des langues parlées au Canada et de prendre des mesures concrètes avant que ces langues, véritables transmetteurs de connaissances, de culture, d’histoire et d’identité, ne soient plus parlées par leurs locuteurs natifs. Il va sans dire qu’il y a beaucoup à faire.

Pour accueillir une de nos expositions ou pour communiquer avec nous, visitez le site Web du Musée canadien des langues. Nous sommes toujours intéressés à discuter avec d’éventuels collaborateurs, partenaires ou bénévoles ainsi qu’avec toute personne passionnée par les nombreuses langues parlées au Canada.