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Entrevue avec Daniel J. Caron :
La transparence de l’information à l’ère numérique

Sara Bernardi, stagiaire en communication
Centre de recherche en technologies langagières

2015-06-08

Le 17 mars 2015, le Centre de recherche en technologies langagières (CRTL) recevait Daniel J. Caron dans le cadre d’une conférence ayant pour titre « Enjeux et opportunités de l’ère numérique : Transparence et exploitation des ressources informationnelles ». La conférence avait pour but d’examiner les enjeux liés à la transparence de l’information dans le contexte technologique actuel.

Aujourd’hui professeur à l’École nationale d’administration publique, Daniel J. Caron est détenteur d’une maîtrise en économie de l’Université Laval ainsi que d’un doctorat en sciences humaines appliquées de l’Université de Montréal. M. Caron a occupé plusieurs postes liés à la gestion de l’information dans la fonction publique fédérale, entre autres à titre d’administrateur général de Bibliothèque et Archives Canada.

Le présent article constitue un résumé des propos tenus par Daniel J. Caron lors de sa conférence au CRTL. M. Caron s’intéresse à la transparence de l’information dans l’ère numérique. Selon lui, il est essentiel que l’information soit transparente et qu’elle soit communiquée d’une façon compréhensible du point de vue du récepteur. Dans une optique gouvernementale, l’information doit être écrite dans une langue intelligible pour le citoyen afin qu’elle lui soit accessible.

« La confiance du citoyen se bâtit à partir de l’information reçue. »

Du point de vue du citoyen, la transparence informationnelle permet à celui-ci d’être à l’affût des gestes accomplis par ses dirigeants. L’accessibilité à l’information favorise également l’établissement d’une relation démocratique entre le citoyen et son gouvernement. La confiance du citoyen en ses dirigeants se  bâtit donc à partir de l’information reçue. Du point de vue du gouvernement, la transparence informationnelle permet de conscientiser la population aux enjeux importants ainsi que de l’informer de ses démarches. L’information transmise par le gouvernement prévient les questionnements et les doutes des citoyens. La transparence informationnelle comporte donc des avantages tant pour le citoyen que pour le gouvernement et favorise, dans l’ensemble, le maintien d’une société démocratique.

Quant aux risques associés à la transparence de l’information, Daniel J. Caron en cerne deux. Le premier est le risque que le citoyen ne possède pas les connaissances nécessaires pour interpréter l’information qui lui est transmise. Ce manque de connaissances pourrait donner lieu à de la confusion. Le virage numérique accentue d’ailleurs ce risque, car il permet aux citoyens d’avoir accès plus directement à l’information qu’auparavant. Le second risque associé à la transparence est la divulgation de secrets d’État. En effet, certaines données sont maintenues confidentielles pour des raisons stratégiques liées au bien-être collectif. La divulgation de celles-ci pourrait donc nuire au bon fonctionnement de la collectivité.

Si l’on veut augmenter la transparence de l’information dans le milieu gouvernemental, il faut faire en sorte que le citoyen connaisse les moyens par lesquels il peut obtenir l’information officielle. En d’autres mots, il doit savoir ce qui existe et de quelle manière il peut y avoir accès. Cet enjeu est d’autant plus important étant donné les avancées technologiques. En effet, le progrès technologique a modifié le fonctionnement de l’État ainsi que la relation qu’entretient le citoyen avec son gouvernement. Par conséquent, les moyens de communication doivent être adaptés afin que les principes démocratiques continuent de s’appliquer. Il est également primordial de s’assurer que le citoyen est en mesure de bien saisir l’information dans son contexte technologique.

De surcroît, avec l’arrivée des technologies numériques, le rôle des professionnels de l’information (bibliothécaires, archivistes, journalistes, etc.) se voit modifié. En effet, ceux-ci seront appelés à canaliser et à contextualiser davantage l’information afin de la rendre accessible à la population et, par le fait même, d’accroître la transparence informationnelle.

Finalement, M. Caron souligne que les citoyens ne sont pas nécessairement au fait de l’ensemble des enjeux liés à la transparence informationnelle. Les citoyens devraient, à son avis, être mieux informés de ce qu’elle implique. L’amélioration de la transparence informationnelle passerait aussi par une meilleure compréhension du fonctionnement de l’administration publique de la part des citoyens.