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Mes enfants en immersion française : toute la famille en profite!

Catherine McNally
Nouvelle-Écosse
Association canadienne des professeurs d'immersion

2015-03-16

Nos trois enfants pourraient facilement écrire cet article en français. Mais ni mon mari ni moi, qui avons suivi un programme de base en français à l'école secondaire, n'arriverions à le faire, même avec un dictionnaire et un Bescherelle à notre disposition. L'expérience de nos enfants a été très différente, et nous en sommes fort heureux. Nous avons inscrit nos trois enfants au programme d'immersion précoce en français offert en Nouvelle-Écosse, dès leur entrée à l'école primaire. Pour eux, interagir en français et s'intéresser aux cultures françaises du Canada semble naturel.

Actuellement, Rachel est en première année à l'université où elle étudie en sciences politiques et en développement international, tout en suivant quelques cours de français. Elle a acquis son bagage de connaissances en français grâce au programme d'immersion à l'école et à des camps de vacances de deux semaines organisés par la section de Canadian Parents for French (CPF) en Nouvelle-Écosse. Apprendre le français lui a littéralement ouvert une porte sur le monde. Lorsqu'elle a remporté le concours d'art oratoire de la Nouvelle-Écosse en 9e année, le prix consistait en un séjour à Ottawa pour participer à Rencontres du Canada, un programme bilingue d'une semaine durant lequel elle a acquis des connaissances sur les arts et la culture en compagnie d'autres adolescents de partout au pays. Comme son intérêt pour les langues s'était accru, Rachel s'est inscrite à une formation autodidactique d'un crédit en espagnol et est ensuite partie faire du bénévolat au Guatemala pendant l'été. L'an dernier, sa note record à l'examen de compétences en français DELF de niveau B2 lui a permis de remporter un voyage en France, au cours duquel elle a participé à la rencontre Génération Bilingue avec 60 étudiants en français langue seconde provenant de 32 pays. Elle est convaincue que sa passion pour le français et son enthousiasme pour les autres langues tiendront une place importante dans sa vie personnelle et professionnelle.

Nathan est en 10e année et espère lui aussi obtenir son certificat en immersion française à la fin de ses études secondaires. Il a gagné le concours provincial d'art oratoire à trois reprises. Une année, le prix consistait en un séjour d'une semaine au camp d'immersion française de CPF. Il a choisi une excursion en kayak aux Îles-de-la-Madeleine et a adoré son expérience. Chaque fois que Nathan prend la parole en français, je me rappelle combien nous étions inquiets à l'idée de l'inscrire au programme d'immersion française. Il avait eu beaucoup de difficulté à apprendre à produire les sons de la langue anglaise lorsqu'il était petit et avait eu besoin d'un bon nombre de séances en orthophonie. Toutefois, il voulait essayer le programme d'immersion française comme sa sœur, et nous l'avons laissé tenter sa chance. Aujourd'hui, il s'exprime très bien en public dans les deux langues et son accent en français est, semble-t-il, excellent. Personne ne pourrait se douter qu'il a eu des problèmes d'élocution étant petit. Nathan peut se laisser absorber par la lecture d'un roman en français autant que par celle d'un roman en anglais. Pour le moment, l'ingénierie et la musique font partie de ses rêves d'avenir, mais il croit que le français est « un outil pratique dans la vie ».

Samuel est en 8e année et prévoit rester en immersion française jusqu'à la fin de ses études secondaires. L'an dernier, il a passé une semaine à Québec avec d'autres élèves de son école dans le cadre du programme d'échanges de la SEVEC. J'étais ravie de le voir si content de parler français avec des enfants acadiens et québécois, même si je ne comprenais pas la majeure partie de ce qu'ils disaient. L'été dernier, il a bien aimé son séjour au camp nautique de CPF. Lors de ces deux expériences, il a été heureux de voir avec quelle aisance il arrivait à parler et même à penser en français. Il a eu du plaisir et a fait très bonne figure au concours d'art oratoire et au jeu Face aux Questions. Il me dit qu'à son avis, sa connaissance du français l'a aidé dans d'autres matières et dans l'apprentissage de nouvelles choses en général. Bien que sa matière préférée soit les maths – et je le vois très bien poursuivre une carrière en mathématiques ou en sciences –, il sait qu'il aura l'occasion d'utiliser la langue française tout au long de sa vie.

Nous nous estimons très chanceux d'avoir pu inscrire nos enfants au programme d'immersion précoce en français, qui était encadré par des enseignants exceptionnels et dévoués. Nous étions fascinés de voir nos enfants s'intéresser de plus en plus aux cultures françaises, aux autres cultures du Canada et à celles du monde entier, et apprendre à mieux les connaître et les apprécier. Leur capacité de communiquer s'est grandement développée tant en anglais qu'en français. Il est formidable que nos enfants aient pu recevoir le cadeau qu'est une langue seconde (et même mon mari et moi avons appris quelques mots au fil des ans). Cette expérience a enrichi toute la famille.