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Tous des barbares!

Fondation canadienne pour le dialogue des cultures (www) Avis d'hyperliens français

2014-12-22

Saviez-vous qu’un député du gouvernement français a récemment été privé de salaire parce qu’il a nommé la présidente de séance « Madame LE président » à plusieurs reprises? Dire « Madame LA présidente » semblait beaucoup trop simple pour le député Julien Aubert, qui est maintenant moins riche de 1378 € (tout près de 2000 $ CA).

Ce ne sont pas tous les francophones qui sont favorables à la féminisation des titres. De fait, si au Canada il est plutôt commun de parler d’auteure ou d’ingénieure, le débat est tout autre en France. Selon un sondage du journal Le Figaro, près de trois Français sur quatre sont contre la féminisation des noms de fonctions et de métiers.

Même l’Académie française estime qu’ajouter la lettre « e » à la fin de certains termes masculins constitue un barbarisme.

barbarisme : n. m. Faute grossière de langage, emploi de mots forgés ou déformés, utilisation d’un mot dans un sens qu’il n’a pas. (Le Petit Robert)

Ainsi, les grands penseurs de la langue, ces mêmes grands sages qui ont comme principale fonction de normaliser et de perfectionner la langue française, estiment que la féminisation des titres est grossière. Pourtant, ici, la féminisation est maintenant passée en usage et est officialisée depuis plus de 30 ans.

Depuis quelques décennies, les femmes ont accès à des professions et à des fonctions auparavant réservées aux hommes. Jusque tout récemment, ce fait de société n’était pas marqué dans la langue, c’est-à-dire qu’à ces professions et fonctions nouvelles ne correspondaient que des titres de fonction au masculin. La langue disposait, dans certains cas, d’une forme féminine attestée, mais celle-ci servait principalement à désigner l’épouse du titulaire du poste; par exemple, la mairesse était la femme du maire. Divers organismes, comme Emploi et Immigration Canada en 1978, l’Office de la langue française du Québec en 1979, le Conseil du Trésor en 1982 et le Bureau de la traduction en 1983, ont pris position en faveur de la féminisation et présenté des recommandations à cet égard. (« 9.2 La féminisation des titres de fonction », Le guide du rédacteur, Bureau de la traduction, Travaux publics et Services gouvernementaux Canada)

Est-elle rétrograde ou conservateur(trice), notre (leur) chère Académie?