Écriture inclusive : communications relatives aux personnes non binaires

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Considérations générales sur l’écriture non binaire

On réfléchit depuis un certain nombre d’années aux manières d’exprimer en français les identités de genre qui ne sont pas représentées dans le modèle binaire féminin-masculin. Nombre de pistes et de procédés exploratoires sont mis de l’avant pour tenter de combler ce besoin.

Ces procédés exploratoires comprennent tant des pratiques d’écriture permettant d’inclure tous les genres (utilisation du point médian) que la création de néologismes qui ne sont ni de genre masculin ni de genre féminin. Certains de ces néologismes commencent à se démarquer. Par exemple, le dictionnaire Le Robert reconnaît maintenant « iel » comme pronom personnel neutre de la troisième personne du singulier. Toutefois, il n’y a pas encore de consensus sur les procédés d’écriture à privilégier, y compris parmi les personnes non binaires.

Tant que l’usage ne sera pas fixé, on fera donc preuve d’une grande prudence dans l’emploi des procédés d’écriture non binaire décrits dans cet article.

À propos du terme « non binaire »

Soulignons que le terme « non binaire » est un terme général utilisé pour désigner des personnes dont l’identité de genre se situe en dehors du modèle binaire homme ou femme. Toutefois, différentes personnes utilisent des termes plus précis pour désigner leur réalité (personnes agenres, personnes bigenres, personnes de genre queer, personnes au genre fluide et autres). Dans cet article, le terme « non binaire » est employé pour englober ces différentes réalités.

Recommandations générales

Dans les communications en général, on devrait éviter les procédés exploratoires (néologismes, points médians et nouvelles terminaisons). En effet, comme ces procédés sont peu connus du grand public, ils peuvent nuire à la clarté. Leur intégration à la langue française devra donc se faire progressivement et seul le temps permettra de déterminer lesquels passeront dans l’usage. À l’heure actuelle, on peut envisager d’utiliser ces procédés dans les cas suivants pour manifester son ouverture aux réalités des personnes concernées :

  • dans la correspondance qui s’adresse à une personne non binaire;
  • dans un texte qui parle d’une personne non binaire (par exemple, une notice biographique);
  • dans d’autres contextes particuliers (par exemple, un document qui s’adresse à des personnes de la diversité sexuelle et de genre).

Pour commencer, écouter

Lorsqu’on rédige, il est important d’employer des termes qui respectent l’identité des personnes concernées. On peut souvent trouver des informations sur la façon dont les personnes trans et non binaires souhaitent qu’on s’adresse à elles, par exemple :

  • pronoms ou titres de fonction dans leur bloc-signature;
  • pronoms ou titres de fonction employés publiquement sur le Web (par exemple, dans une plateforme de réseautage professionnel);
  • noms, pronoms et accords qu’elles emploient dans la conversation ou la correspondance.

Lorsque le contexte le permet, on peut demander directement à une personne quels termes utiliser pour la désigner et comment faire les accords qui la concernent. Ce geste sera généralement bien accueilli puisqu’il témoigne d’un souci d’inclusion. On devrait toutefois faire preuve de discrétion et de tact en évitant, par exemple, de demander ces informations dans une conversation de groupe.

Respecter et inclure en toute clarté

La clarté de l’information est un des grands principes de l’écriture inclusive (voir l’article Écriture inclusive : contexte et principes).

Par conséquent, lorsqu’on utilise des procédés d’écriture non binaire, on doit s’assurer de ne pas compromettre la compréhension du texte. On recommande donc de privilégier des procédés courants, comme les formulations neutres (voir l’article Écriture inclusive : formulations neutres), plutôt que les pratiques exploratoires. L’ajout d’une note explicative peut s’avérer utile dans certains cas (voir l’article Écriture inclusive : notes explicatives).

Pronoms

Certaines personnes non binaires préfèrent qu’on les désigne par un pronom autre que « il » ou « elle » — un néopronom. « Iel » est le néopronom le plus couramment utilisé en français, mais il en existe plusieurs autres comme « ul », « ol » et « ille ».

Quel que soit le pronom utilisé par une personne, on se doit de l’employer pour la désigner.

Cependant, que ce soit pour mieux représenter les nuances de leur identité ou parce qu’elles ressentent de l’inconfort à exprimer leur non-binarité dans certaines circonstances, il arrive que des personnes non binaires utilisent des pronoms différents selon le contexte. Il faut donc faire preuve d’écoute et respecter la volonté exprimée par la personne, le cas échéant.

« Iel » et les autres néopronoms ne devraient pas servir à :

Remarque : Même si l’on voit parfois « iel » employé comme générique, par exemple pour désigner un groupe de personnes de différents genres ou une personne dont on ne connaît pas le genre, nous ne recommandons pas d’adopter cet usage.

Accord avec les néopronoms

Lorsqu’on emploie un néopronom, on devrait autant que possible choisir une formulation qui ne nécessite pas l’accord en genre (voir l’article Écriture inclusive : formulations neutres), à moins que la personne concernée ait indiqué que l’accord au féminin ou au masculin est acceptable pour elle.

Accord au féminin ou au masculin accepté par la personne concernée Solution neutre
Iel était présente pour recevoir son prix. Iel était sur place pour recevoir son prix.
Sam a préparé la documentation; iel sera prêt à l’envoyer demain matin. Sam a préparé la documentation; iel sera en mesure de l’envoyer demain matin.

Titres de civilité

Lorsqu’on parle d’une personne non binaire, on peut :

  • omettre le titre de civilité « monsieur » (M.) ou « madame » (Mme) et utiliser le nom de la personne;
  • employer le titre de civilité non binaire utilisé par la personne concernée (par exemple, « mix » ou son abréviation « Mx »).

Dans les cas où l’on mentionne plusieurs personnes dans un même texte, il est préférable de faire preuve d’uniformité. Si l’on ne connaît pas le titre de civilité employé par chacune d’elles, mieux vaut omettre tous les titres de civilité dans le texte.

Formulation au masculin ou au féminin Formulation adaptée aux personnes non binaires
Depuis 30 ans, M. Tremblay travaille à améliorer les processus d’approvisionnement au sein de la fonction publique fédérale. Depuis 30 ans, Claude Tremblay travaille à améliorer les processus d’approvisionnement au sein de la fonction publique fédérale.
La sous-ministre a remis un prix d’excellence à madame Trang. La sous-ministre a remis un prix d’excellence à mix Trang.

Dans la correspondance adressée à une personne non binaire, au lieu d’utiliser le titre de civilité comme formule d’appel, on peut simplement écrire « Bonjour » suivi d’une virgule.

Dans les communications techniques ou administratives (par exemple, un avis de cotisation), le nom complet de la personne suivi d’une virgule peut servir d’appel. Toutefois, dans certains écrits, cette approche peut donner l’impression d’un manque de politesse.

Les formules d’appel inclusives et les autres éléments propres à la correspondance sont traités en détail dans l’article Écriture inclusive : éléments de la lettre ou du courriel.

Formulation au féminin ou au masculin Formulation adaptée aux personnes non binaires

Madame, Monsieur,

Nous avons le plaisir de vous annoncer que…

Bonjour,

Nous avons le plaisir de vous annoncer que…

Madame,

Vous trouverez ci-joint…

Claude Tremblay,

Vous trouverez ci-joint…

Monsieur,

La présente fait suite à…

Mix,

La présente fait suite à…

Appellations neutres

Lorsqu’on s’adresse à une personne non binaire ou qu’on parle d’une personne non binaire, on devrait autant que possible choisir des solutions inclusives qui respectent les règles d’écriture du français courant.

Certains procédés mentionnés dans l’article Écriture inclusive : formulations neutres, dont les suivants, peuvent être mis à profit.

  • Privilégier les appellations et les titres épicènes :
Formulation genrée Solution neutre
Le père ou la mère doit signer le formulaire. Un parent doit signer le formulaire.
Vous devez motiver l’absence de votre fils. Vous devez motiver l’absence de votre enfant.
Claude T., chargé de compte, communiquera avec vous. Claude T., responsable de compte, communiquera avec vous.
  • Désigner la fonction, l’organisation, l’état ou l’activité plutôt que la personne :
Formulation genrée Solution neutre
Leslie B. est présidente du comité. Leslie B. assume la présidence du comité.
Le président-directeur général a annoncé 200 nouvelles embauches. La société a annoncé 200 nouvelles embauches.
Les conjoints de fait ont droit à un crédit. Les personnes en union de fait ont droit à un crédit.
Réda est nageur à ses heures. Réda pratique la natation à ses heures.
  • Omettre le titre ou la fonction quand cela ne porte pas à confusion :
Formulation genrée Solution neutre
L’autrice Dominique S. a reçu un prix littéraire pour son dernier livre. Dominique S. a reçu un prix littéraire pour son dernier livre.

Emploi de néologismes neutres quand une personne en fait la demande

Quand une personne non binaire en fait la demande et que le contexte le permet, on peut employer un néologisme neutre pour la désigner. Dans ce cas, rappelons que l’ajout d’une note explicative sur l’emploi de procédés exploratoires peut être utile. Voir l’article Écriture inclusive : notes explicatives.

Ces néologismes proposés par les communautés de la diversité sexuelle et de genre visent à rendre neutres les mots qui portent normalement la marque du genre en français. Ils sont créés de différentes façons :

  • fusion de la forme féminine et de la forme masculine (par exemple, « auteurice »);
  • remplacement des terminaisons genrées par une terminaison neutre appartenant déjà à la langue (par exemple, « sénataire » pour « sénateur » et « sénatrice »);
  • remplacement des terminaisons genrées par une terminaison neutre issue d’un nouveau système de terminaisons (par exemple, « présidenx » et « chargæ de projet »).

Pour rendre la phrase neutre, il peut être nécessaire de la reformuler afin de ne pas utiliser de déterminants devant ces néologismes.

Remarque : Les néologismes proposés par les communautés de la diversité sexuelle et de genre sont peu connus et ne font pas consensus. Il n’est pas recommandé de les employer à moins que la personne concernée en ait fait la demande.

Accord avec les néologismes neutres

Lorsqu’on emploie un néologisme neutre, on devrait autant que possible choisir une formulation qui ne requiert pas un accord en genre, à moins que la personne concernée ait indiqué que l’accord au féminin ou au masculin est acceptable pour elle.

Accord au féminin ou au masculin accepté par la personne concernée Solution neutre
Te souviens-tu d’un événement qui t’a amenée à devenir factaire? Te souviens-tu d’un événement qui a influencé ta décision de devenir factaire?
A-t-on déterminé si le présidenx avait été consulté? A-t-on déterminé si la présidence a été consultée?
Maxim, traductaire de formation, est passionnée d’horticulture. Maxim, traductaire de formation, se passionne pour l’horticulture.

Pour plus de détails, consulter l’article Écriture inclusive : formulations neutres.

Dans une énumération désignant des personnes non binaires ainsi que des femmes ou des hommes, on peut faire l’accord (des adjectifs, des participes passés ou autres) avec l’appellation genrée la plus proche :

  • Emmie Wang (députée), Alexis Rai (sénataire) et Georges Robichaud (avocat) sont venus.

Des explications détaillées sur l’accord de proximité sont présentées dans l’article Écriture inclusive : accords.

Point médian

Le point médian est le signe typographique le plus souvent utilisé par les personnes non binaires pour rendre neutres les mots qui portent normalement la marque du genre, par exemple :

  • employé·e
  • professeur·e
  • consultant·e
  • électricien·ne
  • professionnel·le

On obtient un point médian en tapant « Alt+250 » ou « Alt+0183 » dans Windows. Pour certaines personnes de la diversité sexuelle et de genre, les mots formés avec des points médians ne sont pas de simples doublets abrégés et peuvent être :

  • féminins et masculins
  • féminins ou masculins
  • ni féminins ni masculins

Cependant, le point médian pose des enjeux de lisibilité et d’accessibilité et il faut éviter d’en abuser. On recommande donc de l’utiliser uniquement si l’espace est limité ou si les conditions suivantes sont remplies :

  • la communication s’adresse principalement aux personnes de la diversité sexuelle et de genre;
  • les solutions de neutralisation de la langue standard ne donnent pas de résultats satisfaisants.

La formation de doublets abrégés au moyen du point médian est abordée dans l’article Écriture inclusive : doublets abrégés.

Accord avec les mots formés au moyen d’un point médian

Quand un point médian est utilisé pour rendre un nom neutre, on devrait autant que possible reformuler la phrase pour éviter d’avoir à accorder des adjectifs ou des participes passés en genre. Voir l’article Écriture inclusive : reformulations.

Autrement, les participes passés et les adjectifs peuvent être rendus neutres à l’aide d’un point médian :

Accord à éviter Solution admise
Les député·es sont venus. Les député·es sont venu·es.
Les meilleurs avocat·es participeront à la conférence. Les meilleur·es avocat·es participeront à la conférence.

Voir l’article Écriture inclusive : doublets abrégés pour de l’information sur la façon de marquer le pluriel dans les doublets abrégés au moyen du point médian.

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