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Traditions du temps des Fêtes, d'hier à aujourd’hui

Les spécialistes ne s’entendent pas sur les origines du mot Noël. Selon les hypothèses avancées, Noël dériverait du latin natalis dies (jour de naissance), ou de l’expression noio hel (nouveau soleil) que l’on retrouve dans divers dialectes français et dont les origines remonteraient jusqu’aux Gaulois.

Le mot épiphanie, pour sa part, est tiré du grec epiphaneia qui signifie « apparition » ou « manifestation ». On parle également de la fête des Rois ou du jour des Rois qui, dans la tradition chrétienne, commémore la visite des rois mages à l’enfant Jésus. Pour certains, la fameuse galette des Rois que l’on mange à cette occasion symboliserait l’astre solaire qui reprend de la vigueur après le solstice de décembre.

Pour les peuples anciens, ce temps de l’année était à la fois effrayant et plein de promesses. Ils accordaient beaucoup d’importance au soleil et au solstice d’hiver. L’hiver était particulièrement difficile pour ces lointains ancêtres dont le quotidien était rythmé par le cycle des saisons. Voyant la longueur des journées diminuer de plus en plus, ils craignaient que le soleil ne finisse par se retirer totalement. Ils tentaient donc d’exorciser leur peur au moyen de divers rites dont les origines se perdent dans la nuit des temps. Les jours qui rallongent annonçaient le retour prochain de la chaleur et des récoltes.

Bon nombre de ces rites se sont perpétués jusqu’à aujourd’hui, en se transformant au fil des siècles. Plusieurs symboles et traditions du temps des Fêtes nous proviennent de ces temps lointains. Voyons-en quelques-uns.

La bûche de Noël

À l’occasion du solstice d’hiver, les peuples nordiques allumaient de grands feux dans la nuit froide afin de symboliser le soleil et sa chaleur. C’était la fête de Yule. Le nom Yule serait un dérivé de jol qui est un mot scandinave associé à l’hiver.

Les Celtes avaient également coutume de faire brûler une bûche de chêne sacrée pour évoquer les rayons solaires. Ce rite a fait son chemin jusque dans nos maisons modernes, comme en témoignent le fameux dessert en forme de bûche et le « bon feu dans la cheminée » qui caractérisent si bien la fête de Noël et son ambiance. En anglais, on emploie d’ailleurs le terme yule log pour désigner la bûche de Noël.

Les décorations de Noël

Les Celtes observaient un « calendrier des arbres ». Le solstice d’hiver était symbolisé par l’épicéa, l’équivalent européen de nos épinettes. Cet arbre qui ne perd jamais ses épines symbolisait l’enfantement ou le renouveau. Les peuples anciens accordaient d’ailleurs une grande importance aux végétaux comme l’épicéa, le houx et le gui qui ont la capacité de survivre à l’hiver. Ces symboles sont encore bien présents dans les décorations modernes du temps des Fêtes. Il suffit de penser aux sapins de Noël, aux couronnes garnies de houx ou aux branches de gui sous lesquelles on s’embrasse à l’occasion de la nouvelle année!

Soulignons que le mot houx est invariable; il prend un « x » final au singulier et au pluriel : un houx, des houx (en parlant de l’arbuste).

Le père Noël

Le père Noël tel qu’on le connaît aujourd’hui a de nombreux « aïeux ». Ces derniers étaient pour la plupart des dieux ou des personnages mythiques associés aux premières religions. Les Celtes et les Gaulois honoraient le dieu Gargan qui distribuait des cadeaux au moyen d’une hotte (un panier fixé sur le dos). L’écrivain français Rabelais se serait d’ailleurs inspiré du dieu Gargan pour créer son fameux Gargantua, un géant bienveillant et particulièrement gourmand.

Les Vikings, pour leur part, invoquaient le dieu Odin, un vieil homme âgé et barbu qui offrait également des cadeaux aux enfants. Selon certaines légendes, Odin enfourchait son cheval volant à « huit pattes » pour chasser à travers les contrées, la nuit du solstice d’hiver. Quelques siècles plus tard, c’est le père Noël qu’on imagine filer dans le ciel avec ses fidèles rennes…