Gouvernement du Canada
Symbole du gouvernement du Canada

Liens de la barre de menu commune

Les gentilés français au Canada

L'absence de noms de gentilés officiels

Il n'existe aucun ouvrage officiel répertoriant tous les gentilés (ou noms d'habitants) français au Canada. En fait, sauf pour les gentilés bien connus des grandes villes et capitales comme les Torontois et les Montréalais, peu de noms français d'habitants de villes, de régions ou de territoires canadiens sont officiellement nommés.

Le Québec fait exception. La Commission de toponymie du Québec a produit une liste complète des gentilés du Québec (www), que l'on peut facilement consulter en ligne.

On peut également consulter deux ouvrages de Jean-Yves Dugas : Répertoire de gentilés du Québec et Dictionnaire universel des gentilés en français. Enfin, la banque de données terminologiques TERMIUM® constitue une source précieuse pour trouver les noms de gentilés.

La création de gentilés

En l'absence de noms officiels, les journalistes, les rédacteurs et les traducteurs doivent régulièrement créer des gentilés pour les toponymes (noms de lieux) canadiens et étrangers. Il faut préciser que la création d'un nouveau gentilé ne le rend pas officiel. Voici quelques conseils :

Ajoutez le suffixe –ais, –ois, –ain et –ien au radical

Dans bien des cas, il est possible de créer un gentilé en ajoutant tout simplement un suffixe au radical du toponyme. Un suffixe est un élément que l'on ajoute après le radical d'un mot.

  • Vancouver + ois = Vancouvérois
  • Yukon + ais = Yukonais
  • Edmonton + ien = Edmontonien

Les suffixes -ais, -ois, -ain et -ien reviennent très souvent, mais on peut très bien en employer d'autres tels que -an (fait ane au féminin ), –ène, –in, -éen, ou -on (fait onne au féminin), s'ils conviennent mieux.

Redoublement des consonnes

Il faut toutefois savoir que l'usage n'est pas uniforme en ce qui concerne le redoublement ou non de consonnes de certains gentilés, notamment ceux qui se terminent en –onien ou en –onais :

Manque d'uniformité dans le redoublement des consonnes
Lieu en –on ou en –an Suffixe ajouté Gentilé créé
Edmonton –ien Edmontonien
Fredericton –ais Frédérictonnais
Yukon  –ais Yukonais
Saskatchewan –ais Saskatchewanais
St-Jean-sur-Richelieu –ais Johannais

Évitez les effets cocasses

Les gentilés ne doivent pas choquer l'oreille lorsqu'ils sont prononcés. On évitera donc de créer un nom trop long (Terre-Neuvien-Labradorien, Terre-Neuvienne-Labradorienne) ou cocasse (Ottawaïen, Ottawaïenne).


Prenez comme modèle les noms existants

En créant un nouveau gentilé, on peut s'inspirer d'un nom existant qui s'y rapproche ou vérifier si un nom est déjà en usage sur Internet.


Faites preuve d'imagination

On essaiera de conserver le radical du toponyme dans la création du gentilé. Cependant, cela n'est pas toujours possible. On peut choisir d'employer une racine différente pour plusieurs raisons.


Exemples de gentilés astucieux

  • Tomcodois, Tomcodoise : habitant de Saint-François-Xavier-de-Brompton.

    Le dérivé provient du nom ancien du Petit lac Saint-François, lac Tomcod, cours d'eau important localement. Le nom Tomcod est demeuré très présent, même dans l'usage actuel. Par ailleurs, le ruisseau Tomcod coule à proximité de la municipalité.

  • Trifluvien, Trifluvienne : habitant de Trois-Rivières.

    Le gentilé provient du latin tres, « trois » et fluvus, « fleuve, rivière ».

  • Paulinoix, Paulinoise : habitant de Saint-Paul-de-l'Île-aux-Noix.

    Le gentilé est formé de Paul, du i de Île et de Noix afin de refléter le toponyme en son entier. On ne dispose pas d'exemple en français d'un autre dérivé ayant une finale en -oix, mais étant donné qu'il s'agit de la même prononciation que pour les gentilés à finale -ois, cette forme paraît adéquate, voire astucieuse.

Suivez les règles d'écriture établies

Il est bien sûr très important de suivre les règles d'écriture du français quand on crée un gentilé. Parfois, il faudra :

  • ajouter un accent : Vanier - Vaniérois
  • doubler une consonne : Fredericton - Frédérictonnais (le gentilé prend les accents même si le nom de la ville n'en prend pas)
  • modifier une lettre : Ottawa - Ottavien

De plus, on devra féminiser les gentilés. En règle générale, on obtient le féminin d'un nom en ajoutant un e à la fin de la forme masculine :

  • Québécois, Québécoise
  • Saskatchewanais, Saskatchewanaise
  • Albertain, Albertaine

Certains féminins nécessitent le redoublement de la consonne finale du masculin en plus de l'ajout du e. C'est le cas, entre autres, des gentilés se terminant par -ien :

  • Prince-Édouardien, Prince-Édouardienne
  • Terrebonnien, Terrebonnienne
  • Calgarien, Calgarienne

On vous invite à tester vos connaissances sur le sujet en essayant l'exercice Gentilés : Gens du pays 1.